Gillot “Une équipe très difficile”

Voici la conférence de presse d’avant-match de Francis Gillot sur le site officiel. Il revient sur l’élimination en Coupe de France, mercredi, face à Lyon. Il nous parle aussi du déplacement de son équipe à Lille, ce dimanche, pour le compte de la 23ème journée de championnat. Puis, il nous parle de la blessure de Lamine Sané qui le tient éloigné des terrains

 

 

Francis Gillot était au point presse hier

 

 

Bonjour Francis. Que pensez-vous de la suspension de Carlos Henrique pour 4 matches ?

 

Rien. C’était à l’appréciation de la Commission Fédérale de Discipline d’en décider. Je ne sais pas sur quels critères ils ont jugé. Pourquoi l’un écope de 4 matches et l’autre de 3 ? Je ne sais pas.

 

 

Comptez-vous faire appel ?

 

Je ne sais pas. Nous n’en avons pas parlé avec le Président.

 

 

Contre Lille vous allez essayer de repartir du bon pied après votre échec à Lyon. Quels sont vos espoirs pour ce déplacement ?

 

Prendre des points. Comme d’ordinaire, nous sommes en quête de cela. Il est vrai que ce sera très compliqué. J’ai vu leur match contre Saint-Etienne. C’est une équipe difficile à jouer. Les Lillois ne méritaient pas de se faire éliminer en Coupe de France face à Valenciennes. Ils ont peut-être moins de réussite que l’année dernière. Mais c’est toujours une équipe compliquée à jouer.

 

 

Le fait de jouer Lille après la défaite à Lyon change quelque chose dans votre façon d’aborder cette rencontre ?

 

Non.De toute façon, il y a toujours des avantages et des inconvénients dans les matches rapprochés. Lorsque nous gagnons, c’est toujours dommage d’avoir une rencontre quelques jours après car nous avons du mal à apprécier la victoire. Au contraire, lorsque nous perdons, c’est bien d’avoir un match rapproché pour nous relancer. Cela permet une remise en question immédiate. Nous savons que ce mois de février est difficile et que nous allons passer par des moments durs. Cela dit, c’est peut-être aussi un moyen de s’accrocher. Cela permettra aussi peut-être de prendre des points contre des équipes contre lesquelles nous n’avons pas gagné lors des matches allers. C’est un challenge intéressant.

 

 

 

Francis Gillot à l'entraînement

Ce qui n’a pas marché à Lyon, l’avez-vous analysé ?

 

 

A Lyon, il y avait beaucoup de choses positives. Il y avait 1 but partout au bout de 90 minutes de jeu. A la 85ème, il y a aussi un fait de jeu dont nous n’entendons pas beaucoup parler. Si Cris prend un carton rouge, cela peut changer beaucoup de choses. Soit Yoan Gouffran part et il marque le but. Soit Cris prend un rouge et cela peut changer le cours du jeu. Bien sûr c’est à l’appréciation de l’arbitre. Mais il y a des règlements, il faut les respecter. Le 2ème but de Gomis, Jimmy Briand frappe au but, mais son tir devient une passe décisive dans le dos d’Henrique. Nous ne pouvons pas dire que nous ayons eu énormément de chance et que nous ayons été aidé par qui que ce soit. A part cela, il y a eu des choses positives. Il y en a aussi eu des négatives. Nous allons essayer de corriger cela. Nous avons montré de belles choses contre Toulouse. Evidemment, tout n’est pas parfait. Mais nous continuons de travailler.

 

 

Que manque-t-il à votre équipe pour gagner lors des matches à l’extérieur ?

 

De la réussite. Lors de la rencontre face à Lyon, nous avions l’impression que Lyon avait eu beaucoup d’occasions. Ils ont marqué 2 buts sur hors-jeu. C’est cela qui a donné cette impression. Nous avons eu presque autant d’opportunités qu’eux à part les 2 grosses occasions qu’ils ont eues en plus sur tout le match.

 

 

Il y a quand même eu beaucoup d’arrêts de la part de Cédric Carrasso…

 

Oui, il a eu 3 gros arrêts à faire. Or, ce ne sont que 3 occasions. Il n’en a pas fait 15. Il est vrai que nous avons plus vu Cédric Carrasso qu’Hugo Lloris. Mais cela est logique. Les Lyonnais sont engagés en Ligue des Champions. Ils sont censés être meilleurs que Bordeaux à l’heure actuelle. Il est donc logique qu’à domicile, ils aient plus d’occasion que nous.

 

 

Sur les statistiques des derniers matches, votre équipe a moins le ballon. Cependant, nous avons l’impression qu’elle est plus efficace. Y a-t-il eu un changement d’état d’esprit par rapport au début de saison ?

 

Cela est dû au changement de système. Sur les matches retours, nous avons pris 7 points sur 9. Il nous fallait des points. J’ai donc changé de système pour être plus efficace. Peut-être que nous sommes moins beaux à voir jouer aujourd’hui, mais nous devions absolument prendre des points. Nous étions très mal en point en début de saison. Nous allons voir combien de temps cela va durer. Or, il est vrai qu’à l’heure actuelle, nous avons moins la possession du ballon et que nous sommes moins beaux à voir jouer. Mais je vous rappelle que pendant 4 mois nous avons joué en 4-4-2 et que nous étions 18èmes. Je veux bien faire du spectacle, mais il me faut des points.

 

 

 

 

En quoi l’équipe peut-elle progresser dans ce système-là ?

 

En gardant un peu mieux le ballon et en réussissant à convertir les occasions que nous nous procurons. En 1ère mi-temps face à Lyon, il y a l’occasion de Yoan Gouffran qui peut faire le break. Il nous manque de l’efficacité.

 

 

On a l’impression que votre équipe a du mal à attaquer quand elle a le ballon…

 

Oui, il faudrait le garder un peu plus devant.

 

 

Trouvez-vous qu’il y a trop de précipitation ?

 

Oui, mais pas seulement. Il faut cette 1ère passe vers l’avant. Il faut ensuite garder la balle pour faire monter le bloc. C’est la même chose dans tous les systèmes. Certes, il y a 1 attaquant au lieu de 2 et c’est donc plus difficile. Il y a beaucoup d’équipes qui jouent avec 1 seul attaquant. Il faut absolument garder le ballon dans l’axe pour faire venir les coéquipiers en 2ème rideau. Aujourd’hui, nous n’arrivons pas assez à le faire.

 

 

Vous y arrivez bien à domicile, même avec ce système. Vous l’avez plutôt bien fait contre Toulouse. Le problème est peut-être psychologique lors des matches à l’extérieur…

 

Non, à Lyon, Jaroslav Plasil a réussi à bien ressortir le ballon 2 ou 3 fois en 1ère mi-temps. Nous avons eu quelques sorties de balle intéressantes. Le problème est au niveau du dernier geste. Nous n’arrivons pas à nous mettre en position pour marquer. Nous nous mettons en position pour frapper mais pas pour marquer. Il faut encore travailler le dernier geste, la dernière passe, l’avant-dernière passe. Pour marquer dans le foot, il faut savoir faire tout cela. Nous n’arrivons pas encore à le faire.

 

 

 

 

Après avoir été dans une période Diabaté, puis une période Gouffran, nous sommes dans une période Jussiê. Avec son repositionnement devant, on a l’impression qu’il est en train de « s’éclater ». Est-ce votre sentiment ?

 

Oui, c’est vrai qu’il est dans une bonne période. Nous le sentons efficace. Il marque à chaque match. J’espère que cela va durer. Nous avons eu Yoan qui a marqué à une période, puis il s’est arrêté. Même chose pour Cheick. Le problème est que nous n’avons pas encore un buteur à 15 réalisations, comme à Montpellier par exemple. Nous ne marquons pas assez. Nous commençons à être efficaces derrière, puisque nous sommes la 6ème meilleure défense. Nous avons encore des manques au niveau de l’attaque. Nous n’avons pas assez de continuité dans les buteurs. C’est pour cela que je change beaucoup. J’ai fait confiance à Anthony Modeste en début de saison et il n’a pas marqué. J’ai changé en mettant Cheick qui a marqué, puis il s’est arrêté. Ensuite cela a été Yoan, et maintenant c’est Jussiê. Il ne manque plus que David Bellion.

 

 

Vous disiez qu’il fallait beaucoup courir. Dans votre milieu à 3, cela demande beaucoup d’efforts car ils ne sont pas habitués et font peut-être plus d’efforts que dans un 4-4-2 habituel. Ludovic Obraniak semble plus à l’aise dans un 4-4-2. Qu’en pensez-vous ?

 

Peut-être, mais vous oubliez les 2 excentrés. Côté ballon, le joueur excentré devient milieu de terrain. Il y a des meilleures équipes, qui font bien circuler le ballon, comme Lyon, et qui nous mettent en difficulté. Quand une équipe recule, cela s’explique par le fait que l’équipe d’en face a la maîtrise et est meilleure. On ne recule pas comme ça, car on l’a décidé.

 

 

Vous avez donc joué bas parce que vous en avez été contraints et pas car vous l’avez choisi…

 

Il y a un peu des 2. Nous en avons parlé. Peut-être que nous jouions un peu trop haut en début de championnat. Cela nous a joué des tours. Nous en avons parlé avec les défenseurs et nous jouons un peu plus bas. Cependant, à partir du moment où le bloc est compact, que nous soyons bas ou un peu plus haut est la même chose. La seule différence est que nous laissons un peu moins d’espace dans notre dos sur les longs ballons. Les principes restent toujours les mêmes, à savoir les lignes rapprochées, tout comme les joueurs.

 

 

L’envie de ne pas utiliser Ludovic Obraniak à Lille vous a-t-elle effleuré l’esprit ?

 

Non, pas du tout. Pourquoi ?

 

 

Il y avait écrit dans la presse qu’il y aurait une volonté de Lille pour qu’il ne dispute pas la rencontre…

 

Il n’est pas prêté mais transféré. C’est comme si nous exigions que Mavuba ne joue pas contre nous. Cela n’a pas de sens (sourire, ndlr).

 

 

Avec la suspension proche d’Henrique, allez-vous changer votre système ? Ou allez-vous intégrer Lamine Sané, poste pour poste ?

 

Lamine n’est pas opérationnel.

 

 

Pour combien de temps en a-t-il ?

 

Il s’agit du tendon d’Achille. Nous ne savons pas trop. Il va un peu mieux aujourd’hui, mais il n’est pas opérationnel pour le moment.

 

 

Que pensez-vous du jeune joueur coréen qui vous a été prêté ?

 

Il est intéressant. Il a mis 3 buts à l’entraînement jeudi. Tous ceux qui marquent m’intéressent (sourire, ndlr). Il vient d’arriver. Nous allons le laisser s’installer un peu. Il va vite aussi.

 

 

Ce système vous permet de prendre des points. Pourquoi ne le garderiez-vous pas jusqu’à la fin de la saison ?

 

Je n’ai jamais dit que je n’allais pas le faire (sourire, ndlr).

 

 

Nous avons l’impression que vous l’utilisez par défaut, car vous le justifiez…

 

Non. C’est vrai que cela est peut-être moins beau à voir. Nous avons tout de même fait des matches intéressants. Contre Toulouse, ce n’était pas si mauvais que ça.

 

 

En tant qu’entraîneur, avez-vous déjà gagné à Lille ?

 

Non, mais j’ai fait des nuls. C’est très dur à Lille (sourire, ndlr).

 

 

source: girondins.com