L’interview intéractive de Bellion

Le site officiel a retranscris l’interview de David Bellion. En voici le contenu :

 

 

 

 

Quels sont vos objectifs pour cette 2ème partie de saison ? De Coraline

David Bellion : Dès le mois de janvier, quand j’ai repris l’entraînement, j’espérais poursuivre sur ma lancée après un bon mois de décembre. J’étais bien revenu par rapport à mes capacités physiques. Je voulais obtenir ma place dans le groupe car elles sont de plus en plus chères. Aujourd’hui, l’équipe va de mieux en mieux dans le jeu et les attaquants titulaires ont gagné leurs places loyalement. Ils font du bon boulot. Je continue à travailler pour gagner ma place même si c’est très difficile.

 

 

Quand vous étiez plus petit, quel était votre club de cœur ? De Quentin

David Bellion : (Il réfléchit) La meilleure réponse que je puisse apporter c’est : l’équipe où évoluait George Weah ! J’ai donc été supporter de tous les clubs où il est passé. D’une manière plus générale, je dirais Manchester United. Pour Ryan Giggs. C’est le club qui m’a le plus fait rêver.

 

 

Dans ta carrière de footballeur, quel est ton rêve le plus cher ? De Léa

David Bellion : Je crois que je l’ai déjà réalisé. D’une certaine manière, c’est arrivé trop tôt puisque je suis arrivé très jeune à Manchester United. Ma formation n’était pas totalement terminée. Je n’avais pas trop d’expérience. J’ai tout de même réalisé mon rêve en portant le maillot de ce club. Mon autre rêve, c’était de gagner un titre et j’ai vécu cela avec Bordeaux. Au-delà de toutes ces expériences, mon rêve le plus cher, c’est d’être heureux quand je tape dans un ballon.

 

 

Parmi les joueurs qui ne sont plus à Bordeaux, lesquels te manquent le plus ? De Léa

David Bellion : (Sourire) Tous ceux qui sont partis car nous nous entendions bien. Je vais surtout citer la bande du titre de champion en 2009 avec « Souley » (Diawara), Alou (Diarra), « Yo » Gourcuff, Marouane (Chamakh)… Nous formions quelque chose de beau, aussi bien sur le terrain que dans les vestiaires. Ce sont de bons souvenirs. Il y aussi « Antho » Modeste avec qui je m’entends très bien dans la vie. Je lui ai donné un conseil ou deux avant qu’il ne parte en Premier League. Il est prêté, j’espère le revoir l’an prochain. Je parle d’Antho mais je n’ai pas cité tous les joueurs du titre ! Il y a Fernando, Wendel, Alonso, « Cave » (Fernando Cavenaghi). Ils formaient le clan des sud-américains, ce qui est naturel. Nous ne partagions pas toujours la même culture au niveau de l’humour par exemple. D’un autre côté, Fernando Menegazzo, c’était quand même un sacré clown ! Nous avons bien rigolé.

 

 

Bonjour David, penses-tu revenir à ton meilleur niveau à Bordeaux ou ailleurs ? De Franck

David Bellion : J’aimerais de tout mon cœur retrouver mon meilleur niveau à Bordeaux. J’ai beaucoup souffert ces derniers temps au niveau des blessures. Actuellement, je sais que mon niveau est encore très limité. Cela dit, j’ai été agréablement surpris de mes bonnes performances en décembre. Malheureusement, je n’ai pas encore marqué un but cette saison. C’est la dernière chose qui me frustre vraiment quand je rentre chez moi. J’ai eu ma chance en décembre mais j’ai perdu ma place dans l’équipe à mon retour en janvier. Cela a été compliqué. Je revenais bien et je pensais vraiment que le 1er but me libérerait totalement pour la suite de la saison. Ce n’est pas encore le cas. Je pense faire de bons choix dans le jeu mais dans la surface… Soit je tire fort, soit je ne mène pas la bonne réflexion… J’ai besoin de voir la balle entrer une fois dans la cage et tout ira mieux.

 

 

Pour vous, qui est le meilleur joueur du monde ? De Coraline

David Bellion : Messi, sans aucun doute.

 

 

Pensez-vous écrire une autobiographie lorsque vous aurez fini votre carrière ? De Fabien

David Bellion : Je n’y ai jamais réfléchi mais parler du monde du football de façon poétique pourrait être sympa. Je serais intéressé par d’autres projets, comme décrire la vie de l’homme qui se cache derrière le joueur de football professionnel. Cela m’intéresserait. On m’avait déjà proposé un projet de ce type. Parler uniquement du joueur ne me branche pas. C’est plutôt aborder ce qu’un joueur peut faire dans vie lorsqu’il n’est pas à l’entraînement ou en match. Je n’en suis pas encore là mais pourquoi ne pas faire quelque chose dans ce domaine ? Une autobiographie, cela ne m’ait jamais venu à l’idée.

 

 

Que penses-tu de l’arrivée de Francis Gillot aux commandes ? Bonne fin de saison ! De Franck

David Bellion : Je pense que c’est l’homme qu’il fallait par rapport à la culture et à la discrétion de ce club. Les Girondins forment un club prestigieux mais avec une certaine classe. On ne le répète pas assez mais Francis Gillot est un entraîneur qui privilégie le jeu. Il ne veut que cela ! C’est un plaisir. Nous avons adhéré lentement mais sûrement. Pas parce que les joueurs ne voulaient pas. Il a simplement fallu du temps pour nous mettre un nouveau « disque dur » dans la tête. Il fallait adopter une nouvelle philosophie. Cela commence à payer mais ce fut douloureux au début. Bordeaux était comme un château de cartes qui s’écroule. Francis Gillot le reconstruit petit à petit. Sur ce plan, c’est du bon travail pour nous car nous adhérons totalement à ses idées. C’est également positif pour lui. Je pense qu’il prend un peu plus de plaisir.

 

 

Penses-tu que cela a changé l’état d’esprit ? De Franck

David Bellion : Oui. Il n’a pas cessé de nous le répéter. Francis Gillot vient du Nord et les gens sont généralement plus simples là-bas. Il a une philosophie assez humaine et c’est rare dans le football. Il est humain et cela s’est vu dans les périodes compliquées que nous avons vécues. En octobre-novembre, quand nous étions dans une mauvaise dynamique, il nous parlait beaucoup. Ce qu’il nous a dit allait droit au cœur. En tout cas, j’ai été personnellement touché par son discours.

 

 

Quel est le moment que vous préférez dans un match ? De Coraline

David Bellion : Le moment où, physiquement, je me sens bien. Je n’ai pas connu cette sensation depuis longtemps car j’accumule les blessures depuis 2 ans. Ce moment où tout va bien, où vous vous sentez libéré, où vous enchaînez les buts, c’est extraordinaire. Le reste du temps, j’aime tout de même être sur le terrain mais il reste une amertume en arrière-plan. Cela ne me va pas.

 

 

Avec quel joueur t’entends-tu le mieux ? De Léa

David Bellion : Je ne sais pas trop mais j’ai souvent beaucoup de débats avec Nicolas Maurice-Belay et Michaël Ciani sur la vie en général, sur beaucoup de choses. En dehors du terrain, je vois souvent « Mika ». Je m’entends bien avec Henri Saivet qui est à côté de moi dans le vestiaire mais aussi Benoît (Trémoulinas), Fahid (Ben Khalfallah). En fait, je suis assez bon public et je m’entends bien avec tout le monde. Je rentre dans les discussions, j’aime parler. Je suis quelqu’un d’assez joyeux dans la vie. Je suis très bavard.

 

 

L’ambiance en Angleterre pour le football est-elle si incroyable que l’on dit ? Avez-vous une anecdote à ce sujet ? De Fabien

David Bellion : (Il coupe) Oui. Une anecdote ? Mes 5 premières minutes sur le banc de Sunderland lors de mon 1er match en Premier League. Nous jouions contre… (il réfléchit). Je pense que c’était Ipswich. Lilian Laslandes était titulaire, nous avions signé en même temps à Sunderland. Au bout de 20 secondes de jeu, un mec de mon équipe vient mettre un tacle anodin près de la surface. Le ballon sort en touche. Tout le stade s’est levé comme s’il avait fait un truc de fou (rires) ! J’étais sur le banc et je ne connaissais pas tout le monde mais j’ai halluciné. Ensuite, à un autre niveau, cela siffle très rarement en Angleterre aussi bien contre son équipe que contre l’adversaire. Je me souviens de ma dernière année où nous avons terminé dernier du championnat. Je ne jouais pas beaucoup. Le club et le public en avaient marre car nous touchions le fond mais il y avait quand même du respect. Je ne le retrouve pas en France. Sincèrement, je trouve que les gens abusent par moment. On n’entend que des sifflets ! Cela me choquera toujours et je continuerai à le dire même si cela provoque des commentaires. Je le dirai car j’ai vécu dans 2 championnats différents. Je suis toujours choqué de voir les gens venir au stade soit pour applaudir soit pour siffler. Pour moi, les gens viennent voir un spectacle. Si nous ne sommes pas bons, nous ne sommes pas bons. C’est un pari. Si nous sommes bons, nous serons félicités et applaudis. Quand un joueur à perdu, il ne va pas bien et en plus, le public le « démonte » ! Je trouve cela très latin. Ma femme étant anglaise, je ne vis pas dans un milieu très « français ». Les parents de ma femme sont souvent là, ma fille parle anglais… Ils ont une autre mentalité. Ce n’est que du football quoi ! En Angleterre, c’est une passion acharnée et exceptionnelle mais il existe un respect des joueurs qu’il n’y a pas en France, c’est clair.

 

 

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