Jaroslav Plasil évoque l’Euro

 

 

Si la saison arrive à son terme, elle n’est pas encore terminée pour Jaroslav Plasil, loin de là. Le capitaine des Girondins de Bordeaux participera notamment à l’Euro 2012 avec la République Tchèque. Dans un entretien accordé à Laurent Brun pour So Foot, le milieu bordelais revient sur les chances de la République Tchèque dans cette compétition importante, où il affrontera notamment l’un de ses coéquipiers aux Girondins, Ludovic Obraniak.

 

 

“Jaroslav, comment tu te sens avant de disputer cet Euro ?

Je me sens forcément bien car, avec Bordeaux, on a bien fini la saison.

 

La République Tchèque a-t-elle les moyens de sortir du groupe A ?

On en a la possibilité et on verra bien ce que ça donnera sur le terrain. Mais l’objectif, c’est de se qualifier pour le quart de finale… Après, si on n’y arrive pas, ben ce sera un échec.

 

On dit que ce groupe est équilibré, et qu’il n’y a pas vraiment de grosse tête d’affiche…

Oui, c’est exactement ça ! Mais pour moi, le petit favori du groupe, c’est la Pologne… qui joue à la maison. Ils ont beaucoup de joueurs qui évoluent à l’étranger et qui ont réalisé une super saison. Donc, c’est, pour moi, la meilleure équipe.

 

Est-ce un handicap de jouer l’un des pays organisateurs ?

Oh non, non… Ça nous permettra de jouer dans des stades pleins, et devant des supporters vraiment derrière leur équipe…

 

Et face à Ludovic Obraniak, ton collègue bordelais…

On va voir ce que ça va donner… Bon, j’ai déjà joué contre lui et on a gagné 2-0. Et en plus, j’ai marqué de la tête, le truc improbable, quoi ! Ce sera un peu spécial parce qu’on se connaît, mais sur un match, tout sera possible. Je souhaite juste que l’on soit tous les deux déjà qualifiés.

 

Vous avez commencé à vous chambrer, dans le vestiaire ?

Non, pas du tout ! Je pense qu’on va garder ça pour un peu avant, par textos… Mais, quand on a 27 ans et qu’on n’a jamais mis un pied en Pologne, forcément, on n’est pas un vrai Polonais ! (Rires) Bon, il y va depuis deux ans, et même si c’est compliqué, puisqu’il y a la barrière de langue, c’est bien pour lui. Il s’est bien intégré. C’est un super joueur qui apporte beaucoup à cette équipe, et il mérite de jouer cette compétition.

 

Peux-tu nous dire un mot sur les autres adversaires de ce groupe ?

Oui, la Russie, bon, déjà… c’est le premier match. Là, ce sera l’entrée de compétition et il ne faudra pas se rater ! Si l’on commence bien, ce sera toujours plus facile d’enchaîner. La Russie a de très bons joueurs, comme la Pologne, et je pense que c’est l’équipe qui va passer en premier. Mais la Grèce aussi… et ils sont toujours là ! En 2004, ils ont gagné. Alors il faudra se méfier d’eux.

 

Selon toi, y a-t-il une équipe qui se détache et qui ferait figure de favori de la compétition ?

Ah, je pense qu’il y en a deux ou trois… Pour moi, il y a l’Espagne, l’Allemagne et peut-être les Pays-Bas. Mais la France aussi… Et comme il y a toujours des surprises, j’espère qu’on sera dedans (sic) !

 

Justement, toi qui connais bien le football français, tu penses que la France a ses chances ?

Oui, je pense, parce qu’elle a de super joueurs, qui évoluent dans les meilleurs clubs du monde. Après, c’est la cohésion du groupe qui va être importante et qui va déterminer si ce sera un bon Euro ou pas.

 

Comme ici on ne la connait pas vraiment, peux-tu nous présenter ta sélection ?

Bah, vous connaissez des joueurs, quand même ! Déjà, quand on en connaît trois ou quatre, on a une petite idée… On a Petr Čech qui joue à Chelsea, et qui va jouer la finale de la Ligue des Champions, puis le capitaine Rosický, d’Arsenal, ou Baroš de Galatasaray… Ce sont des joueurs qui sont là depuis au moins dix ans et qui ont beaucoup d’expérience. Et c’est avec eux que l’on ira loin. Du moins, je l’espère.

 

Quels sont ses points forts ?

C’est le groupe ! On n’a pas vraiment onze stars dans l’équipe, mais avec ceux que je viens de citer, on a le noyau dur. Et on a aussi des garçons qui ont environ 25 ans, et qui disputeront leur premier Euro. Donc, ce ne sera pas évident, mais ils pourront apprendre plus vite au contact des autres.

 

Et les points faibles ?

Peut-être qu’on ne marque pas assez de buts… Par conséquent, ce sera le travail offensif qu’il faudra améliorer.

 

Quel(s) poste(s) occupes-tu en sélection ?

Parfois, je joue milieu défensif, parfois c’est un peu plus devant… Mais ce qui est important, c’est de jouer et d’apporter le plus à l’équipe. Je prends ça comme ça !

 

Mais tu n’as pas une préférence ?

Non, j’ai 30 ans, alors pas de préférence !

 

Que représente pour toi le fait d’être régulièrement appelé par le sélectionneur ?

Disons que ce sont des souvenirs… Le premier Euro que j’ai disputé, c’était au Portugal (en 2004), dans une équipe de folie ! Il y avait Nedvěd, Poborski, Šmicer, Koller… tous ces grands joueurs… Et moi, je me demandais ce que je faisais là ! C’était une fierté de pouvoir jouer avec eux, et aussi surtout de pouvoir le faire pour mon pays.

 

As-tu aussi des regrets ?

Oui, il y en a parce que nous avions été battus en demi-finale par la Grèce. Sur ce match-là, on a trois occasions assez nettes que l’on ne met pas, et à la 105e minute, on se fait éliminer ! Ça devait être comme ça… mais pour moi, cette équipe aurait pu gagner l’Euro.

 

Est-ce que l’on apprend de ce genre de déconvenue ?

Oui, j’ai beaucoup appris avec ces joueurs-là, qui évoluaient dans les meilleures équipes d’Europe. On apprend toujours plus vite. Si on le veut, bien sûr !

 

Quel est l’avenir à court terme de Jaroslav Plašil ?

Ah mais, j’ai encore trois ans de contrat ! Après, ça va dépendre de plein de choses. Je ne vais pas partir maintenant… J’ai l’Euro à disputer, donc je ne peux pas penser à ça maintenant. Je vous répondrai en début de saison prochaine…”