Triaud se sentait « redevable et responsable »

 

 

Suite du portrait de Jean-Louis Triaud, dressé par José Barroso. Le journaliste du quotidien l’Equipe aborde notamment son arrivée à ce poste à la pointe de la hiérarchie du club bordelais, où Jean-Louis Triaud est arrivé un peu par hasard, comme l’évoque l’intéressé : « On m’a sans doute sollicité au départ pour mes réseaux viticoles mais je suis devenu président un peu par hasard. Quand Alain Afflelou est parti (en 1996), il m’a plus ou moins désigné pour lui succéder. Je me suis dit pourquoi pas ? » Qui est mieux placé que l’ancien président bordelais, quelque peu rancunier cependant, pour évoquer cette prise de relais ? : « Au départ, ca devait être un intérim. (sourire) Comme quoi, il faut se méfier des bras droits… (…) Il m’a dit un jour que c’était grâce à moi si le club existait toujours. Pourtant, je n’ai jamais reçu la moindre invitation pour un match. Je pense que c’est délibéré. Est-ce qu’il avait peur que je veuille revenir aux manettes ? »

 

 

Jean-Louis Triaud ne cache pas un profond attachement à cette haute fonction au sein des Girondins, qu’il n’avait pas prévu : « L’un des plaisirs d’être dirigeant est de participer à une activité de haut niveau alors qu’on a plus l’âge ou les qualités. Ça aurait pu être dans le rugby ou le basket, il se trouve que c’est dans le foot. Mais je ne m’inscrivais pas forcément dans le long terme. (…) C’est une vraie liberté du fait de ne pas être un président salarié. » Il avait pourtant décidé au cours de l’année 2002, de prendre du recul et se consacrer exclusivement à son activité viticole. Mais il fera finalement son retour six mois plus tard, comme le rappelle Nicolas de Tavernost : « Jean-Louis a toujours été d’un caractère très indépendant, il ne veut pas être prisonnier de quelqu’un, d’une institution. (…) Quand il a vu que ça ne marchait pas, Jean-Louis s’est proposé de revenir. Ça devait le démanger… » Ce que contredit en bloc le président : « Ca ne me manquait pas du tout. Je voyais juste que c’était compliqué, or je me sentais redevable et responsable. Je suis là tant que M6 aura besoin ou envie de moi. »

 

 

Il faut d’ailleurs rappeler que Jean-Louis Triaud est le principal instigateur de l’arrivée du groupe M6 au sein de l’actionnariat du club de Bordeaux, insistant auprès de son ami, Nicolas de Tavernost, malgré deux premiers refus : « Je n’étais pas du tout foot. Jean-Louis est venu me casser les pieds trois fois de suite pour qu’on y aille. Je l’ai mis à la porte deux fois et la troisième, j’ai réfléchi. Il y avait pour nous un intérêt de visibilité mais on s’est en grande partie engagé parce qu’il y avait Jean-Louis. Il n’y a pas une personne en qui j’ai plus confiance. Les Girondins, c’est 75M€ de chiffre d’affaires, le groupe, 1,4 milliard, mais, au niveau contrariétés, il n’y a pas photo… L’un des rares plaisirs que j’ai à Bordeaux, c’est Jean-Louis. » Une confiance mutuelle, confirmée par les propos de Triaud :  « Je serais capable de défendre des positions qui ne sont pas les miennes si ce sont celles de mon actionnaire. Je suis totalement dévoué à M6. » Jean d’Arthuys, qui l’a secondé lors de l’arrivée du groupe audiovisuel, ajoute un petit bémol sur cette entente cordiale : « A l’inverse, il est arrivé à M6 de lui reprocher de ne pas assez défendre l’intérêt de l’actionnaire. »

 

 

 

Retrouvez l’intégralité de ce portrait du président des Girondins de Bordeaux dans l’édition du jour du quotidien l’Equipe.