Christophe Dugarry : “Là où je suis surpris, et où je suis un peu en colère, c’est que je suis persuadé de retrouver ma place en finale, assez facilement”

Christophe Dugarry est revenu sur l’Euro 2000 qu’il a disputé avec l’équipe de France et plus particulièrement l’approche de la finale de la compétition. « Je ne joue pas la demi-finale. Je me fais péter le nez en quart de finale contre l’Espagne. Roger Lemerre vient me voir en me disant qu’avec mon nez fragile, tout ça, je ne peux pas jouer. C’était certainement une fausse excuse (rires). Là où je suis surpris, et où je suis un peu en colère, c’est que je suis persuadé de retrouver ma place en finale, assez facilement. J’avais fait une belle compétition, les choses s’étaient bien passées, je fais un bon quart de finale. Et Roger hésite vraiment entre Robert Pires et moi, et pour moi c’est l’incompréhension, totale. Je me souviens de l’avant-veille du match, où je sens que le vent tourne et qu’il hésite vraiment avec moi… Je ne sais pas si ce n’est pas René Girard, un des adjoints, et lui dit que non… Je ne sais pas comment ça a changé d’avis, mais le vent avait tourné pour moi et je pense que je ne devais pas jouer cette finale ».

L’ancien bordelais évoque cette rencontre face à l’équipe d’Italie qui fût très disputée. « C’est toujours les mêmes matches avec les italiens, c’est une bonne équipe, ils ont des bons joueurs… Je ne sais pas si c’est dans leur culture, leur façon de jouer, et c’est ce qui leur a permis de gagner des titres : tu n’as jamais l’impression qu’ils sont extraordinaires, qu’ils vont se reposer sur une ou deux individualités… On n’est pas vraiment en danger, c’est un match assez équilibré, et ça se joue sur la rentrée de Robert, de Wiltord… […] C’est le pire des scénarios, tu es mené contre les italiens, sur une seule occasion… Ils sont capables de tenir… Je suis sur le banc ensuite quand Robert rentre, il y a quelques situations, mais je ne nous vois pas revenir ».

Enfin, il s’est également exprimé sur celui qui a libéré les français avec le but en or dans les prolongation face aux italiens, David Trézéguet. « Je ne me rends pas compte… Je me rends compte quand je vois Roger courir comme un fada… C’est là que je réagis aussi. Mais sur le moment, je n’ai pas le réflexe du but en or, pas du tout […] David Trézeguet était un attaquant incroyable, un buteur de folie. J’ai rarement vu… La gestuelle de ce garçon ! Il réalisait souvent des choses simples, mais d’une efficacité, il avait une présence… Ce garçon avait une faculté. Quand tu es attaquant, que tu vois un attaquant qui a une telle efficacité, qui attire le ballon, qui sait toujours si le ballon va aller au premier ou au second poteau… C’était impressionnant. Il pouvait ne pas toucher de ballon pendant vingt minutes, et le ballon qu’il fallait, il le mettait au fond ».

RMC

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