Philippe Fargeon : “On aurait dû le garder deux ans de plus. C’est toujours notre problème, on les revend trop vite”

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Philippe Fargeon a été questionné par Girondins4Ever sur l’éclosion de Jules Koundé, Champion d’Europe avec Séville. L’ancien attaquant bordelais parle de l’ex-défenseur formé aux Girondins de Bordeaux.

“Je suis très heureux pour lui, c’est un très bon joueur… Mais on aurait dû le garder deux ans de plus. C’est toujours notre problème. Quand on part sur le principe que l’on s’appuie sur notre formation, qu’on fait monter des jeunes et ensuite qu’on les revend, on a deux options. Soit tu le fais trop rapidement et tu t’assures un prix de vente rapide. Soit tu as celui qui dit qu’il va le garder un peu plus. Durant ces deux années, cela va nous apporter un plus car il va encore progresser et le prix du transfert aura augmenté. C’est une question de politique mais en tant que supporter et ancien joueur, je me dis que c’est dommage de ne pas garder ce genre de joueur un ou deux ans de plus, surtout quand ils sont formés aux Girondins. On les revend trop vite. Lyon a compris ce fonctionnement, ils ont construit leur fortune ou plutôt leur pouvoir en gardant leurs joueurs, en proposant des contrats vraiment blindés de façon à ce que des joueurs, même s’ils sont sollicités par les plus grands clubs européens, soient dans l’obligation, pour service rendu, de rester plus longtemps au club. Chez nous, ça ne marche pas. Dès qu’on a un joueur qui fait une bonne saison, on veut de suite le transférer. Je suis content pour lui mais c’est dommage pour le spectacle à Bordeaux”.

Pour Philippe Fargeon, il y a encore certainement des jeunes avec du potentiel au centre de formation, mais il faudrait les protéger d’un départ trop rapide, afin d’en bénéficier en équipe première, puis ensuite seulement au niveau d’un transfert.

“Il y en a certains qui sont présents mais qui n’ont pas encore eu l’occasion de s’exprimer à cause de la crise sanitaire que nous avons connue en début d’année. Il y en a qui ont du potentiel mais je sais aussi que derrière, il y a la pression des agents, des parents… On a envie de voir son joueur évoluer dans des grands clubs comme Manchester, Chelsea, Arsenal plutôt qu’aux Girondins. Mais la formation, c’est du donnant-donnant. Quand on met en place une stratégie avec des entraîneurs compétents, une équipe de jeunes avec une concurrence importante et que le joueur fait quatre matchs en pro et après on le vend… Ce n’est pas dans ma politique à moi. Ou alors on ne dit pas que l’on veut promouvoir les jeunes aux Girondins. On ne peut pas avoir le même discours”.

Retrouvez l’intégralité de l’interview en Une de Girondins4Ever