François Grenet : “Ils n’ont pas été bons sur la forme parce qu’ils sont arrivés en pays conquis. Les parisiens qui descendent, qui font la leçon à tout le monde…”

Sur GirondinsAnalyse/Twitch, François Grenet, l’ancien latéral des Girondins de Bordeaux, a longuement insisté sur l’importance de l’identité pour un club comme le FCGB.

« Il y a des signes positifs. Ce qui est dommage c’est d’être dans la réaction plutôt que dans l’action, mais c’est comme ça. Il y a eu beaucoup de choses qui se sont passées depuis que le club a changé de propriétaire. Je l’ai déjà dit, mais le début de la perte d’identité de Bordeaux, je pense, objectivement, n’est pas si récent. Il y a eu la fin de l’époque M6 avec tout le respecte que j’ai pour eux. Il y a des choses qui auraient dû être faites, qui n’ont pas été faites en amont, qui font aussi que cela a contribué à ce qu’on vit aujourd’hui. Aujourd’hui, on est partis sur des mauvaises bases, des bases opaques, avec un premier actionnaire qui a foutu clairement le club dans la merde au niveau économique et avec des choix… Ils ont casé leur réseau et l’identité, je crois qu’ils n’en avaient rien à carrer. Le club, c’était un jouet. Aujourd’hui, il y a des signaux qui sont ce qu’ils sont, mais que je trouve plutôt positifs dans ce sens-là. Il faut regarder devant, avancer. L’entraineur pour moi aussi est un bon signal même si Jean-Louis n’est pas de la région. Il a un bon état d’esprit, il aime le club, ce n’est pas un mercenaire, c’est un bâtisseur. Donc regardons devant. Il y a des gens qui aiment profondément le club, qui connaissent le football, qui sont prêts à s’investir pour servir le club et pas se servir. Je pense à Lilian Laslandes, à Marc Planus… Jaro est dans le staff, c’est bien, il y a Matthieu Chalmé, il y a des mecs comme Lassina Diabaté qui rêvent d’aider le club. J’en fais partie aussi bien sûr. Je pense que les gens qui sont arrivés au club n’ont pas du tout anticipé malheureusement l’identité qu’avait ce club, et l’image forte qu’il avait dans la région. Et ça leur a joué malheureusement des tours dans des registres différents. Il y en a qui se sont plantés sur le fond, GACP, il y en a sur la forme, c’est King Street avec Frédéric Longuépée et son équipe. Ils n’ont pas été bons sur la forme parce qu’ils sont arrivés en pays conquis. Les parisiens qui descendent, qui font la leçon à tout le monde… Non, qu’on s’inspire des meilleurs, c’est normal, mais tout n’est pas transposable. Encore moins quand on est dans notre région, notre ville, notre club. La priorité c’est le sportif, pas le marketing, comme le logo. Le marketing, si la danseuse n’est pas belle, ça ne vaut rien. Et ça coûte des ronds… On comprend la stratégie, mais pardon, ce n’est pas ça le plus important. Il faut remettre vite du liant, rebâtir une équipe sportive au niveau des staffs techniques, etc, parce que c’est n’importe quoi. C’est ce qui m’inquiète, le reste je ne le juge pas, ce n’est pas mon domaine. J’ai mon idée, j’ai mon opinion sur certaines personnes, mais moi, c’est le sportif qui m’intéresse. Il faut faire vite et bien. Alain Roche sa priorité c’est l’équipe première, il faut s’occuper de l’effectif, dégraisser, renforcer en étant malin… mais il y a le reste, les fondations, la base, et je pense qu’il n’est jamais trop tard pour se mettre autour de la table, que chacun apporte des idées, que ce soit constructif et positif, dans l’esprit du club, de l’image et de l’identité du club. Avec des gens qui aiment le club. Je pense qu’il y a des gens qui veulent servir le club, chacun à leur façon dans leur domaine de compétences, et qui ne veulent pas forcément se servir du club, et il faut les écouter ».