Lilian Laslandes : “J’ai rarement croisé deux joueurs boire un café en terrasse à Bordeaux…”

Sur GirondinsAnalyse, Lilian Laslandes a confié qu’il avait bien conscience que les critiques, notamment sur les réseaux sociaux, pouvaient toucher les joueurs des Girondins de Bordeaux. Mais l’ancien attaquant bordelais explique que les joueurs doivent être plus soudés et créer un esprit de groupe, afin que cela se ressente sur le terrain.

« Les réseaux sociaux, on a laissé entrer ça dans le football, il faut l’accepter. Quand nous on lisait les journaux, on prenait les critiques des journaux. Aujourd’hui, c’est dématérialisé. Et c’est clair que les insultes en direct peuvent toucher. A un moment donné, si le joueur mentalement n’est pas fort… On doit retrouver de la force quand on se retrouve en groupe. Aujourd’hui, j’ai ce doute là. Est-ce qu’ils viennent aux entrainements avec l’envie de retrouver leurs amis, leurs copains, tout un groupe… Bien sûr, on n’est pas meilleurs amis avec tous les joueurs de l’équipe, mais est-ce qu’on a vraiment se plaisir de se lever le matin, d’aller faire ça ?! C’est ce que les gens disent… L’année dernière et cette année, j’ai été les voir. Je ne retrouve pas ce que disent les gens là-dessus, mais je le retrouve sur les matches. Des fois, je me dis que je n’ai pas l’impression qu’ils jouent ensemble. C’est ce qui me dérange un petit peu. Pour moi, si on n’est pas concerné, si on ne fait pas partie d’un groupe, pourquoi se battre pour le copain à côté ?! J’ai des fois cette impression, même si je ne le pense pas car sinon, cela veut dire que le coach ne ferait pas son travail… Mais ce serait quelque chose de facile à gommer, non ? Donner l’envie à ces joueurs-là, c’est quand même leur métier, leur plus-value… S’ils font de bons matches, ils vont pouvoir avoir un tremplin pour partir ailleurs, pour jouer le haut de tableau, pas la seconde partie… C’est là où il doit y avoir des leaders. Mais ces leaders-là, dans le vestiaire, il n’y a que quand on y est qu’on peut savoir […] Il faut trouver des moments pour par exemple que les femmes des joueurs puissent se connaitre, que les uns aillent chez les autres pour avoir des affinités, faire des repas… J’ai rarement croisé deux joueurs boire un café en terrasse à Bordeaux… Je vis en centre-ville, et j’en vois rarement. Peut-être que la génération a changé, qu’ils se disent qu’ils n’ont pas le droit d’y aller parce qu’il y a les réseaux maintenant… Je peux comprendre, mais on ne doit pas être commandés par les autres. On doit être commandé par le groupe. Quand on est une équipe pour moi, un club… Après, le sport professionnel a évolué, on ne peut pas faire n’importe quoi car on joue tous les trois jours, on peut peut-être moins sortir ou aller au restaurant… Mais on devrait lâcher prise un peu. Ce sont quand même des hommes. On doit s’affirmer en tant qu’homme, dans ce qu’on est. Il faut que chacun d’entre eux puisse donner le meilleur de soi-même pour jouer, et même les remplaçants. On avait tous cette pression nous aussi, mais on essayait de donner le meilleur de nous-mêmes et on avait rarement de regrets. Souvent aujourd’hui, je pense que les joueurs ont des regrets, et ça fait mal dans la tête. Quand on sort d’un match et qu’on a tout donné, on n’a pas de regrets. Ça peut être gommé s’ils retrouvent un enthousiasme à toute épreuve. Et bien sûr, ça passera pas des défaites encore, il n’y a pas de souci. Mais qu’ils aient tous le même objectif, connu de tout le monde ».

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