[J12] Les Tops-Flops Girondins4Ever de Paris-Bordeaux

(Photo by Baptiste Fernandez/Icon Sport)

Les Tops

Benoit Costil (9) : Un Costil international. Il a dégouté l’attaque parisienne en un contre un, sur les frappes de loin, ou à bout portant. Il connaît parfaitement Kylian Mbappé et ce dernier a perdu ses nombreux duels face à lui. On avait dit que pour grandir, cette équipe devait être guidée par ses cadres, le portier des Girondins a rempli pleinement sa tâche.

Paul Baysse (7) : Son retour à ce niveau fait plaisir à tous les supporters parce qu’il représente, lui plus que personne, les valeurs et l’amour du club. Dans la tourmente à Monaco ou Marseille, Pablo avait perdu pied, alors que Paul Baysse n’a pas tremblé et il est reparti au combat. Auteur d’une seconde période XXL alors que Bordeaux jouait plus haut et que les vagues parisiennes en contre auraient horrifié plus d’un défenseur central. Son entente avec Laurent Koscielny (6) est un plus indéniable pour les fondations de notre axe central.

Otávio (7) : On attendait un match référence d’Otávio contre un cador du championnat et on a été servi au Parc. Propre dans la relance, toujours bien placé, il a été au contact, il a ratissé autant que possible en patron avec calme et sérénité. Il a aussi évité ses fautes entre 20 et 30 mètres de son but sur des interventions mal contrôlées (dont il a parfois le secret !)

Le groupe et son entraineur. Il y a 15 jours, on sentait Jean-Louis Gasset impuissant sur sa capacité à trouver le bon schéma et insuffler ce supplément d’âme indispensable aux équipes qui n’acceptent jamais la défaite. Il a au contraire accepté les critiques, et semble avoir compris que son effectif était composé de joueurs techniques (Yacine Adli, Hatem Ben Arfa, Mehdi Zerkane, Rémi Oudin, Samuel Kalu…) qui aimaient avoir le ballon et attaquer. Alors Bordeaux a joué plus haut parfois avec le feu face aux stars de l’équipe parisienne, mais les joueurs ont retrouvé du plaisir, les supporters ne se sont pas endormis devant leur télé, et ne sont pas restés frustrés de voir leur équipe être allée au Parc sans réelles ambitions. Les remplaçants ont changé le cours des 25 dernières minutes. Alors que les trois remplacements simultanés à Rennes avaient un peu déstabilisé et fait reculer le bloc bordelais. Les entrées de Rémi Oudin, Nicolas De Préville et Yacine Adli ont dynamisé nos transitions entre la défense et l’attaque et nous aurions même pu l’emporter dans les cinq dernières minutes. Un combat et un état d’esprit remarquable (à part le trou d’air (voir Flops)) et surtout l’impression qu’enfin l’équipe a lâché les chevaux offensivement. Bordeaux est d’ailleurs revenu au score après avoir été mené (une première cette année !)

Il aurait pu faire partie des Tops

Hatem Ben Arfa (6,5) aurait pu faire partie de ces Tops car on retiendra ses nombreuses accélérations en seconde mi-temps qui ont mis en supplice la défense parisienne. Mais son excès de gourmandise (vouloir dribbler tous les parisiens en partant de nos 15 mètres) a un peu terni le plaisir de la suite. De même sur la fin du match, il oublie parfois ses partenaires pour des raids en solo. Mais comment lui en vouloir au final, car quel pied de l’avoir parmi nous !

Les Flops

Le trou d’air de 20 minutes. Après l’erreur d’Hatem Ben Arfa qui a amené le pénalty, Bordeaux a sombré pendant près de 20 minutes. Un second but encaissé dans la foulée et sans un Benoit Costil impérial et « les dieux des poteaux », comme à Monaco, on rentrait au vestiaire à 3 ou 4-1 et le match était plié. Ce match est révélateur que le talent ne représente pas le principal danger de cette équipe. Son mental n’est pas encore en acier, Tous les événements d’un match doivent être digérés et oubliés presque immédiatement. Un peu comme un match de tennis où il est indispensable de jouer point par point, d’oublier que l’on vient de rater un revers ou que l’on est mené 15-40 sur son service. Le retour des vestiaires marque au contraire, une prise de conscience et une avancée du groupe qui s’est servi de ce trou d’air pour revenir l’effacer avec une implication conquérante et sans peur de rentrer avec « les valises pleines ».

Le positionnement des arrières droits et gauche… en 1ère mi-temps. Enock Kwateng (5) et Youssouf Sabaly (6) ne semblaient pas être des arrières d’ailes ce samedi soir. Pour le commentateur, leurs positionnements étaient voulus par l’entraineur pour densifier l’axe central. Mais le remplacement d’Enock Kwateng à la mi-temps tendrait à prouver plutôt que Jean-Louis Gasset était agacé de voir la facilité avec laquelle Alessandro Florenzi et surtout Mitchel Bakker pouvaient centrer devant le but bordelais. D’ailleurs sans la maladresse ou les imprécisions de ce dernier, nous ne serions pas là à nous extasier devant la performance de notre équipe. L’entrée de Loris Benito a permis d’atténuer à gauche cette tendance et on peut souligner l’apport offensif de Youssouf Sabaly sur la seconde période. Entre les deux arrières droit, une concurrence féroce s’annonce.