Laurent Perpigna : “Il y a une volonté de contrôle absolue sur ces tribunes et ça a largement compliqué la vie de groupe telle que la nôtre”

Sur Podcastine, et le 5ème épisode de la série des Girondins de Bordeaux, Laurent Perpigna Iban, représentant et porte-parole des Ultramarines, est revenu sur la politique répressive employée par les pouvoirs publics à l’égard des supporters des différents clubs, avec notamment de plus en plus d’arrêtés préfectoraux pris en faveur d’une interdiction de déplacement des supporters adverses.

« Il y a eu différentes vagues de répression qui ont marqué l’histoire des tribunes populaires et notamment du Virage Sud à Bordeaux. L’anarchie, ce sentiment d’une zone hors de contrôle, a bien, bien évolué. On n’a déjà plus de tribunes debout depuis 97 à Bordeaux. Maintenant, c’est une tribune où il y a des sièges mais où les supporters restent debout. Il y a une volonté de l’Etat de contrôler, d’encadrer les déplacements de supporters à cette époque-là. Il n’était pas rare que notre autobus soit escorté en arrivant à Paris, voire suivi par la police depuis le départ à Bordeaux… Ça, c’était vraiment les premières étapes. Ensuite, il y a eu les interdictions administratives de stades, où la préfecture pouvait décider que tel ou tel supporter était dangereux et présentait des risques de troubles à l’ordre public. Temporairement, on décidait de l’écarter des stades administrativement, sans jugement. Sous couvert des problèmes de violence existants dans les stades, mais pas réellement représentatifs d’une réalité, l’Etat français a légiféré en la matière, et a décidé de contrôler ces zones pour réduire leur liberté d’expression, et le pouvoir qu’ils pouvaient avoir également. Quand on a un groupe ultra, et on l’a vu notamment dans les révolutions à l’étranger, notamment les révolutions égyptienne et tunisienne, les groupes Ultras aujourd’hui sont un ciment de la société puisqu’ils rassemblent entre 2 et 3 personnes parfois. Donc il y a une volonté de contrôle absolue sur ces tribunes et ça a largement compliqué la vie de groupe telle que la nôtre ».

Retranscription Girondins4Ever