Patrice Lair : “Je ne veux pas être méchant, mais on n’a même pas de stade pour jouer la Coupe d’Europe. Vous voyez déjà le problème”

Patrice Lair va devoir, cette saison aux Girondins de Bordeaux, faire évoluer des joueuses de la formation faute d’un budget conséquent. S’il a pointé du doigt cet état de fait, il explique que la formation française est importante pour l’avenir à court/moyen terme, et qu’il faudra également des structures pour développer ce sport.

« On a fait douter sérieusement cette équipe. Mais quand vous voyez la vitesse à laquelle elles remontent le ballon… On s’en est bien sorti sur quelques séquences mais on perdait beaucoup trop vite le ballon. Ça allait vite pour nous, et ce qui a fait la différence aussi c’est leur banc, avec des filles qui vont à 2000 à l’heure. Mais on a quand même bien répondu. Ce but à la fin est peut-être miraculeux, mais pas forcément immérité par rapport au courage des filles […] Le football allemand… Cette équipe, je l’ai jouée avec Lyon… Toutes ces équipes allemandes, c’est une autre planète. Regardez leurs installations… Nous, je ne veux pas être méchant, mais on n’a même pas de stade pour jouer la Coupe d’Europe. Vous voyez déjà le problème. Là-bas, non, le football féminin veut dire quelque chose. En France, ce n’est pas encore arrivé à ça. Il faut le dire. Il y a deux équipes qui sont arrivées à ça. Il faudra peut-être penser à faire beaucoup plus, à mettre plus de moyens. Mais je suis pour la formation, qu’il y ait un maximum de jeunes joueuses françaises. Je reviens dans le football féminin, et je m’aperçois que malheureusement, il y a beaucoup trop d’étrangères qui viennent, et qu’on ne fait plus assez confiance aux joueuses françaises. A un moment donné, quand certaines grandes joueuses vont arrêter, ça va être le désert. Là, le football féminin régressera, alors qu’il faudrait à mon avis structurer pour essayer de faire travailler ces filles, qu’on ait vraiment un vivier. Ce n’est plus le cas en France ».

ARL

Retranscription Girondins4Ever