Laurent Brun : “Tout a changé, même l’ADN du club. L’Esprit Girondins, on communique au niveau marketing, mais il est où l’Esprit Girondins ?”

Sur ARL, Laurent Brun ne reconnait plus les Girondins de Bordeaux, et estime que le club a perdu son âme, et son “Esprit Girondins”.

« Il y a quelque chose qui est symptomatique c’est que dès que tu as une touche, tu joues vers l’arrière ! Alors, c’est le propre des équipes en manque de confiance mais au contraire, il faut y aller, il faut se libérer ! Même si on n’est pas bons, il faut se libérer ! Il faut continuer, et se dire que c’est la survie du club. Ça peut générer beaucoup, beaucoup de problèmes derrière. On parle de foot, mais ce n’est pas que du foot. Bien sûr qu’on est dans une période de pandémie, de guerre en Europe, il y a des choses plus importantes. Mais il n’empêche qui si on se concentre sur ce que l’on voit et ce pour quoi on est là, on ne peut pas trouver de motifs de satisfaction aujourd’hui. Bien sûr qu’il faut relativiser. Mais si le club descend en Ligue 2, j’ai peur que la Ligue 2 ne soit même pas la destination finale. Il n’y a plus d’âme dans ce club. Il y a des choses qui ont été recréées cette saison, mais il n’y a plus d’âme. Il n’y a rien pour insuffler quelque chose de nouveau. Qu’est-ce qui se passe ?! Les joueurs ont changé, les dirigeants ont changé, tout le monde a changé dans ce club. Tout a changé, même l’ADN du club. L’Esprit Girondins, on communique au niveau marketing, mais il est où l’Esprit Girondins ? On a tout changé depuis cinq-six-sept ans. Il est où l’Esprit Girondins aujourd’hui ?! L’Esprit Girondins, il est parti avec notre regretté Gilbert Moevi. Ces joueurs-là incarnaient ça. Il ne faut pas vivre dans le passé. Mais l’Esprit Girondins, il est où, aujourd’hui ? Il n’y en a plus. Il n’y a plus de révolte, pas de gagne. Je ne sais même pas s’il y a de l’amour propre. Ça ne sert à rien d’accabler les joueurs, mais il y a quand même une base de supporters qui est toujours là, qui encourage quand même. Ils ont sifflé mais ils ont encouragé aussi. Je ne sais pas ce qu’il faut faire, il y a quelque chose qui est brisé dans ce club. Ce n’est peut-être pas définitif, mais il y a quelque chose qui est brisé. Les pots cassés, c’est compliqué de les récoler. Ce n’est pas suffisant. Ce sont des bons garçons, on n’attaque pas les hommes, aucun. Il faut continuer à travailler, mais j’ai peur que cette défaite fasse très mal aux tronches ».

Retranscription Girondins4Ever