Réginald Becque : « Canal+, le Champion de France en titre Bordeaux, le stade Bollaert plein… C’était quand même notre hantise, de prendre une valise… »

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Réginald Becque, ancien joueur de Calais, qui était à l’époque commercial pour une entreprise de meubles, est revenu sur cette rencontre remportée par les Girondins de Bordeaux, avec d’abord l’ambiance et l’atmosphère autour de cette demi-finale de Coupe de France.

« On se demande ce qu’on fait là quoi… Qu’est-ce qu’on fait là, quand on voyait les adversaires. Et surtout, on se disait ‘voilà, ça va passer sur Canal+, à 21 heures’, le Champion de France en titre Bordeaux, le stade Bollaert plein, et tout le stade pour nous soutenir… Si on passe à travers, qu’est-ce que ça va donner… C’était quand même notre hantise, de prendre une valise… On s’est vraiment focalisé sur ce match, sur cet adversaire, sur les consignes du coach, sur notre préparation. On avait fait une mise au vert formidable dans un Château à côté de Béthune, où l’équipe de France de foot était venue lors du mondial 98 pour préparer son match quand elle avait joué au stade Bollaert… On avait été mis dans les meilleures conditions pour pouvoir vraiment donner tout ce qu’on avait sur ce match. Et on est tous prêts pour aller défier cette équipe de Bordeaux, sans prétention, mais avec conviction, détermination, et puis confiance en nous ».

« Quand on rentre dans le stade Bollaert, il y avait eu un gros orage qui avait eu lieu juste avant. Là, on mesure toute la ferveur qu’il va y avoir derrière nous. On a l’impression qu’il n’y a rien qui peut nous arriver. Le public n’arrête pas de chanter, il nous pousse. On arrive bien à contrer toutes les attaques des Girondins, on suit les consignes du coach… On arrive à la fin du match épuisés, à 0-0, et là j’ai des crampes… Je ne sais pas comment je vais pouvoir finir le match parce que j’ai des crampes dans les mollets. Et puis, là, il se passe un moment de grâce pour Cédric Jandau. Un ballon en profondeur vers Mickaël Gérard, qui est au duel avec le défenseur bordelais qui le bouscule un peu, il centre en rentrait… Cédric Jandau met une frappe venue d’ailleurs, extraordinaire… On ouvre le score, et là, on ne sait pas ce qu’il nous arrive… Là, on est dans un autre monde, les crampes me concernant se sont envolées. Je suis encore capable de courir encore plus que ce que j’avais déjà fait… On est tous un peu abasourdi par ce qui nous arrive, le public est déchainé, le coach essaye de nous calmer… On reste pareil, on repart pour 15 minutes et être en finale au Stade de France ».

« On reprend et malheureusement, on prend un but de Laslandes, 1-1. C’est une force que l’on a, c’est qu’on n’a jamais douté, on n’a jamais paniqué, on s’est toujours adapté aux conditions qu’on nous mettait. On repart, on continue d’attaquer, on profite des moindres situations ou occasions que Bordeaux peut nous laisser, et on arrive à marquer ce deuxième et ce troisième but. Mettre trois buts en trente minutes de prolongations à un club Champion de France en titre, c’est quand même incroyable. Aujourd’hui encore, on peut se poser la question de ce qu’il nous est arrivé, pourquoi on a réussi ça, comment on a réussi ça… C’est vraiment de la folie dans ce stade qui était plein, comble, que pour nous. C’était magnifique, comme le retour à Calais qui est gigantesque… Le maire ouvre la mairie pour qu’on monte sur le balcon. Sur la place, il y a 3-4000 calaisien qui chantent à trois heures du matin… On finit en bus au casino, c’est nos Champs Elysées… ».