Marius Trésor : « C’est la seule fois où j’ai failli me faire expulser d’un terrain pour avoir perdu mon sang-froid… Mais un joueur lui avait piqué son carton rouge »

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Via La Première, Marius Trésor, l’ancien défenseur ces Girondins de Bordeaux, a été invité à s’exprimer sur le terme « Garde Noire », qu’il formait avec le regretté Jean-Pierre Adams.

« Oui, moi, ce terme ne me dérangeait pas. Maintenant, c’est prescrit, il ne faut pratiquement plus le dire… Avec Jean-Pierre, on n’a pas joué beaucoup de matches en Equipe de France, mais le truc de la Garde Noire est arrivé en 74. On va jouer contre la Pologne qui avait terminé troisième de la Coupe du Monde 74, à cette époque ils avaient une équipe magnifique. Après ce match que l’on gagne 2-1, les journalistes posent des questions au sélectionneur, et à un certain moment ‘vous savez pourquoi on a gagné ce soir ? Parce que ce soir, j’ai trouvé ma Garde Noire’. C’était Jean-Pierre Adams et moi. Ça nous est resté ».

A t-il été victime du racisme lors de sa carrière ?

« Ça m’est arrivé une fois (rires). On jouait avec Angoulême avec Marseille, on gagnait 3-0 et à cette époque je jouais stoppeur. Je prenais l’avant-centre au marquage. L’entraineur me disait ‘s’il va aux toilettes, tu le suis’. Et c’est ce que j’ai fait. A un certain moment, il s’arrête, il me regarde, et il me dit ‘tu sais que t’es bronzé toi ?’. Et je me suis mis à rigoler : ‘tu ne peux pas savoir, ma mère me l’a toujours dit’. Et ça s’est arrêté. Ça, c’était en 72-73. Je rencontre ce joueur trois ans après, lors de la saison 75-76. On venait de remporter la Coupe de France avec Marseille, et le dernier match était à Avignon, il avait changé d’équipe. C’est la seule fois où j’ai failli me faire expulser d’un terrain pour avoir perdu mon sang-froid. Sur une action, j’ai mon stoppeur qui arrive le premier sur le ballon et il le met en corner. L’autre arrive par derrière et le descend. Avignon était dernier et ils avaient 20 points de retard, c’est un match qui n’avait aucun intérêt, mais il fallait le faire car c’était le dernier match du championnat. Je dis alors sur cette action, à mon gardien, ‘laisse tomber, c’est un connard, il ne comprendra jamais rien’. Je lui tourne le dos, je vois passer un coup de poing, et je n’ai pas pu me retenir (coup de tête, ndlr). L’arbitre, c’était son premier match professionnel, il sort le carton rouge… Mais derrière lui, un joueur de l’OM lui a piqué le carton. Le carton passe de main en main et mon gardien me dit ‘ne bouge pas, il n’a plus rien’. Je me retourne et je demande à l’arbitre qui tremblotait : ‘qu’est-ce que je fais ?’. Tout tremblant, il met la main dans la poche, il ne lui reste plus qu’un carton jaune… Il me donne alors un carton jaune et je suis suspendu deux matches avec sursis pour la première saison. Donc je n’ai jamais eu de carton rouge de toute ma carrière. Je savais me tenir sur un terrain, et je respectais mes adversaires. Si j’ai pu faire cette carrière… C’est la seule fois, mais quand j’ai vu que c’était sa tronche… ».

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