Loïc Ravenel (CIES) : « C’est clair que l’outil qui existe actuellement est un petit peu surdimensionné par rapport à la capacité des Girondins »

Sur France Bleu Gironde, dans l’émission 100% Girondins, Loïc Ravenel, collaborateur scientifique pour le CIES (Centre International d’Etudes du Sport), s’est exprimée sur l’avenir du Stade Matmut Atlantique, suite aux annonces de la perte de 19 millions d’euros depuis son inauguration.

« C’est quand même beaucoup plus facile quand vous êtes un grand club avec du grand public et dans une très grande ville. Le PSG, ils sont à Paris, ils ont une population de 10 millions d’habitants, ils vont faire le plein. Il n’y a aucun problème s’ils veulent faire un nouveau stade, à part la construction. Un stade trop grand à Bordeaux ? Je n’ai pas dit qu’il était trop grand mais pour l’instant il n’y a pas le club pour le remplir. Les Girondins sont en seconde division, les Girondins ne sont plus en Ligue des Champions depuis un moment déjà. Le projet des Girondins, ce n’est pas dans les quelques années à venir, je pense que les Girondins vont redevenir un club Champion de France, jouant la Ligue des Champions chaque année. Donc c’est clair que l’outil qui existe actuellement est un petit peu surdimensionné par rapport à la capacité des Girondins. Ou alors il faut y mettre une deuxième équipe. On parle du rugby mais ça pose la problématique d’avoir deux équipes dans un stade entre rugby et foot, c’est très difficile, voire impossible. Donc on sent bien que par rapport aux Girondins eux-mêmes, on est face à un outil qui est un peu inadapté aujourd’hui. Donc il faut développer autre chose que du sport mais à Bordeaux, même avec des concerts, avec des spectacles, le stade est déficitaire. Est-ce qu’il faut en mettre encore plus ? C’est vraiment une question très, très difficile. Le projet à peut-être été mal pensé ou du moins, mal calibré par rapport aux Girondins. Il faut quand même rappeler qu’il a été fait dans l’optique de l’Euro 2016, qui était d’accueillir la compétition. Il a accueilli la compétition correctement mais c’est vrai que sa rentabilité derrière et sa capacité à devenir rentable est aujourd’hui très difficile puisque les Girondins ne sont pas vraiment partie prenante et sont un petit peu en inadéquation par rapport à ce stade. C’est pour cela qu’il y avait une réunion pour lancer le débat. La logique du PPP (Partenariat public/privé) aujourd’hui c’est de filer la responsabilité à l’investisseur privé et aussi à la collectivité derrière. »

Retranscription Girondins4Ever

 

(Photo by Pierre Costabadie/Icon Sport)