Bixente Lizarazu : “J’avais très mal, j’ai eu peur, j’ai eu vraiment peur. J’ai cru qu’il m’avait complètement pété le genou”

Sur France Bleu Gironde, dans l’émission 100% Girondins, Bixente Lizarazu, ancien latéral gauche des Girondins de Bordeaux, est revenu sur cette fameuse finale aller-retour de la Coupe UEFA 96, face au Bayern Munich. Il a notamment évoqué Emil Kostadinov. L’ailier bulgare qui avait éliminé les Bleus de la qualification au mondial 94, a aussi marqué dans cette finale et c’est aussi lui qui a mis une semelle sur le basque qui était sorti sur civière.

Si je me suis dit que c’était ma bête noire ? Pas du tout ! Je vais t’expliquer pourquoi. D’abord je n’ai pas regardé qui j’avais en face, je n’ai pas regardé qui m’avait fait la faute. J’avais très mal, j’ai eu peur, j’ai eu vraiment peur. J’ai cru qu’il m’avait complètement pété le genou. Je ne me suis pas dit : ‘Tiens, c’est Pierre, Paul ou Jacques’. J’avais surtout peur pour mon intégrité physique. J’ai passé ma soirée en pensant que j’avais le genou qui était fracassé, donc très inquiet. Sur ce match-là, Kostadinov était un joueur comme un autre. Et pour revenir sur 93, je débute, je suis remplaçant. Je ne suis pas investi dans le truc comme Didier (Deschamps) à l’époque déjà, qui était un taulier, ou comme tous les tauliers. Je suis débutant, je découvre le truc, je suis remplaçant, je ne vis pas le truc de la même façon si tu veux. Ce n’est pas pareil. Quand tu es taulier, tu t’appropries les choses. Quand tu débutes comme ça et que tu ne joues pas, t’es là mais tu ne le vis pas de la même façon. Kostadinov, évidemment que pour l’histoire du football français… Mais tu sais quoi ? Je vais te dire quelque chose d’autre. S’il n’y a pas ça, il n’y a peut-être pas 98 ! Donc tout ça, on s’en fout complètement ou au contraire, il faut se dire que finalement ça nous a permis d’avoir 98 et ça nous a permis de gagner la Coupe du Monde 98. Je raisonne comme ça. Dès fois les traumatismes t’envoient vers des magnifiques victoires. Donc c’est juste cette soirée où j’y croyais encore, même à 2-0, qu’il y avait la possibilité de remonter comme on l’avait fait contre le Milan AC. Quand je suis sorti sur civière et que malheureusement je ne pouvais pas continuer ce match, j’ai vite compris que c’était une très mauvaise soirée. J’aurais aimé conclure par un titre, ça aurait été fabuleux, mais en face on avait une équipe hyper expérimentée et qui a fait le match qu’il fallait. On n’était pas assez forts ce jour-là, comme contre le Milan AC. Je pense qu’on n’était pas assez forts et il y a eu des faits de jeu qui ont fait que… A l’aller Duga, Zizou… Moi au bout de 30 minutes au match retour. Ce sont des choses qui ont un impact psychologique sur une équipe.” 

Retranscription Girondins4Ever

Du lundi au vendredi, sur France Bleu Gironde, retrouvez l’émission 100% Girondins, animée et présentée par Dominique Bourdot à partir de 18h30. Vous pouvez retrouver le podcast de l’émission quelques minutes après la fin de celle-ci : ICI.