Christophe Dugarry : “Les jeunes étaient au garde à vous. Tu ne la ramènes pas. Il faut te faire ta place, mais tu vois vite que les anciens ne veulent pas te la laisser”

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Pour Bordeaux Le Mag, Christophe Dugarry s’est souvenu de la signature de son premier contrat professionnel, aux Girondins de Bordeaux évidemment.

« Oui, on est fier, parce que c’est quand même beaucoup de sacrifices quand on est jeunes. Même si c’est notre plaisir, même si c’est ce qu’on adore, même si c’est le must et qu’il n’y a rien de mieux que de jouer au foot parce que c’est un métier fantastique… Mais voilà, je ne suis jamais parti en vacances avec la famille, ou très peu, ou avec les copains… Toutes les vacances, ce sont des stages de foot, c’est ton papa et ta maman qui font eux aussi beaucoup de sacrifices parce qu’ils te suivent tous les week-ends, qu’ils t’amènent et qu’ils font la route… C’est une récompense, c’est une fierté, c’est beaucoup de choses. Et puis j’allais au stade quand j’étais petit aussi, donc… C’est comme quand tu gagnes ta Coupe du Monde… Je voyais Alain Giresse, Jean Tigana, Patrick Battiston, être Champions et être très forts, je me disais que ce n’était pas pour moi, que je n’y arriverais jamais parce que c’était très compliqué… Tu te dis que ça y est, tu n’es plus très loin ».

D’autant que comme tout jeune, encore plus à l’époque, les débuts sont difficiles face à des joueurs expérimentés.

« C’est compliqué au début parce que ce n’est pas la génération d’aujourd’hui. Les jeunes étaient au garde à vous. Tu ne la ramènes pas. Il faut te faire ta place, mais tu vois vite et rapidement que les anciens ne veulent pas te la laisser, ce qui est aussi logique. Ils t’apportent de l’exigence car il y avait beaucoup d’internationaux. Ces gars-là qu’on trouvait tellement forts, au-dessus de toute le monde, doués, on se dit qu’on est incapable de faire ce que ces gars-là font… C’est cette exigence au quotidien, tu sens que tu es dans le monde des grands. Quand à 17 ans tu joues avec des mecs qui ont trente barreaux, euh, tu te rends compte qu’ils ne vont pas te laisser la place et qu’il va falloir jouer un peu des coudes ».

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