Ludovic Lestrelin : “Dans le cas de Bordeaux, on avait un ancien stade qui avait une vraie légitimité, une triple légitimité. C’est une rupture extrêmement profonde”

Sur France Bleu Gironde, dans l’émission 100% Girondins, émission partenaire de Girondins4EverLudovic Lestrelin, auteur de la sociologie des supporters aux éditions La Découverte, a évoqué la difficulté de passer du stade Lescure au Matmut Atlantique.

« C’est une caractéristique forte de Bordeaux, il y a eu à la fois un changement de stade, et aussi une configuration particulière avec des difficultés sportives, financières, organisationnelles… En quelque sorte, les différentes pièces du puzzle étaient mal assemblées, ce qui fait que le passage dans cette nouvelle enceinte a été d’autant plus compliqué. Dans le cas bordelais en plus, c’est le seul stade avec celui de Lyon, Gerland, qui est classé monument historique. Du coup, on avait un ancien stade qui avait une vraie légitimité, une triple légitimité. C’était une légitimité architecturale par son architecture art-déco reconnue, une légitimité sportive parce qu’il y a eu à la fois des victoires du club mais aussi l’accueil de grandes compétitions, et une légitimité historique avec toute une mémoire constituée depuis plusieurs décennies. Donc en fait, passer d’un tel équipement sportif à un autre, localisé ailleurs, à l’extérieur de la vie, c’est quand même une rupture extrêmement profonde, d’où une vraie difficulté à gérer ce virage-là. Surtout qu’autour du nouveau stade, il y a des problématiques : accessibilité, pas de zone d’activité économique autour… C’est un pari très difficile à réussir ».

Le processus d’appropriation sera donc long.

« C’est une question de temporalité, et de reconstruction d’habitudes, de nouvelles habitudes pour le public ».

Retranscription Girondins4Ever

——————-

Du lundi au vendredi, sur France Bleu Gironde, retrouvez l’émission 100% Girondins, animée et présentée par Dominique Bourdot à partir de 18h30. Vous pouvez retrouver le podcast de l’émission quelques minutes après la fin de celle-ci : ICI.