Emmanuel Petit : “C’est presque un pacte avec le diable. Bordeaux, Strasbourg, tous ces clubs-là ont perdu quelque part le lien avec leurs supporters”

Sur RMC, Emmanuel Petit s’est exprimé sur le consortium américain BlueCo qui a racheté la quasi-totalité des parts du Racing Club de Strasbourg.

« On ne peut pas reprocher à Marc Keller d’avoir vendu son club, de la même manière que Jean-Michel Aulas l’a fait avec Lyon, tout en ayant choisi un investisseur qui ne comprenne rien au football ?! Le foot français est au bord de la fallite, alors, à la question de savoir si c’est une catastrophe… On l’a vu avec la pandémie, les droits TV, avec la réduction du nombre de clubs pour le partage des droits TV, on sent qu’il y a vraiment un risque systémique et sismique sur les clubs qui descendent, c’est une question de vie ou de mort… Mais quelque part, c’est presque un pacte avec le diable. On n’est pas naïf, on sait très bien que le fonds de pension, ce sont des fonds vautours, qui veulent un retour sur investissement rapide, et s’ils n’ont pas de rentabilité, dans un football où on est obligés d’être qualifiés en Ligue des Champions pour être rentable… Citez-moi un club rentable aujourd’hui en France, il n’y en a pas des masses… C’est un pacte avec le diable. Ceux qui ne seront pas en Ligue des Champions vont vendre leurs meilleurs éléments, leurs bijoux de famille, comme a fait Lyon récemment : tu vas t’appauvrir de plus en plus. On se rend compte que les principaux investisseurs jettent leur dévolu en France parce que les clubs ne sont pas chers, mais en plus on a un potentiel inestimable, la matière première du football ; la formation. Ma grosse crainte, c’est la vision à court terme, et pas à long terme. Sans oublier le fait de se couper des supporters traditionnels, de l’ADN d’un club… Bordeaux, Strasbourg, tous ces clubs-là ont perdu quelque part le lien avec leurs supporters. Marc Keller symbolisait une région, une identité… ».

Retranscription Girondins4Ever