Alain Giresse : “Le Président (Bez) a évoqué des choses qui n’avaient rien à voir avec le sportif, donc j’ai dit ‘je me barre’”

Photo: G. Bedeau / Icon Sport

Alain Giresse, l’ancien meneur de jeu des Girondins de Bordeaux, est le recordman des matches joués en tant que joueur de champ, et aussi le recordman des buts inscrits avec Bordeaux. « 16 saisons à Bordeaux, et 18 en première division » commente le principal intéressé. Mais du coup, comment fait-on pour quitter le FCGB avec un tel attachement ?

« Ça s’est très mal passé, et cela reste toujours un moment un peu difficile. Je n’avais pas prévu ça. Je n’ai pas eu un contrat de 16 ans, mais ça se renouvelait. Si on peut faire la comparaison avec Messi ? Alors, quand je l’ai vu, je n’ai pas trop voulu l’évoquer, de peur qu’on me dise ‘mais pour qui tu te prends ?!’. Mais personne ne se rendait compte, il était malheureux, c’était un crève-cœur. Ce n’est pas programmé, tu ne le programmes pas, tu n’as pas envie de le programmer, parce que tu es bien. Et le bien être que tu as, ce n’est pas un confort. Tu as un bien être, un contexte, pour être performant. Je ne voulais pas quitter Bordeaux, et ce sont des situations qui m’ont amené à ça, comme lui… Tu es mal à l’aise. Et ce n’est pas facile pour lui, pour son environnement, sa famille, et lui change la langue aussi… Quand tu connais le personnage, ce n’est pas Ronaldo, qui a déjà bougé plus jeune, etc. Je regardais Messi, et je me disais ‘je sais ce qu’il vit’ ».

Mais comment ça s’est décidé, ce départ ?

« C’était des divergences avec le Président, des malentendus etc… La Coupe du Monde 86, même si on fait troisièmes… J’ai été correct, mais pas plus. J’étais moins bien parce que l’altitude, ce n’était pas mon truc. Et puis le Président (Bez) a évoqué des choses qui n’avaient rien à voir avec le sportif, donc j’ai dit ‘je me barre’. Je suis parti à Marseille, il n’y a eu aucune transaction, rien… Au final, c’est sur un coup de tête. J’ai en mémoire ce que j’ai fait. Quand j’ai raccroché le téléphone, la baie vitrée était ouverte, et il y avait la table de la terrasse… Tout ça a voltigé. Je te jure… Je suis sorti, c’est parti dans tous les sens… Ma femme me regardait, et j’étais complètement ailleurs. Une douleur… Et derrière, il fallait assumer, j’avais dit, donc il fallait faire. Je me suis lancé… Marseille ».

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