Gaétan Weissbeck : “J’ai été viré d’un centre de formation, je suis reparti en amateur, pour réussir à re-signer derrière… Un parcours atypique”

Dans “Une Nuit Avec”, le milieu de terrain des Girondins de Bordeaux, Gaétan Weissbeck, s’est remémoré le moment où, à Haguenau, il sortait d’une grosse saison avec 18 buts et presque autant de passes décisives. Alors qu’il avait été recalé du centre de formation de Strasbourg une saison avant, il pensait qu’il allait avoir des offres de clubs professionnels. Mais ce ne fut pas le cas…

« C’est difficile à expliquer parce que je sors d’une grosse saison. Finalement, il y a une offre qui aurait dû arriver, mais qui n’est jamais arrivée, parce que j’avais eu un contact avancé avec Dunkerque. Ça allait se faire pour moi. Je revenais de vacances avec des amis à Majorque, on était à l’aéroport, j’étais serein et je me disais que ça allait se faire… Finalement, en revenant, j’apprends que ça ne se fera pas… C’est forcément une grosse déception à ce moment-là, et je décide de rester à Haguenau en National 2. A ce moment-là, oui, cela devient de plus en plus compliqué, je n’y crois plus trop. Finalement, j’accepte ce défi-là, et je fais une bonne saison en National 2. C’est vraiment le match de Coupe de France contre Sochaux qui permet de me détacher et de montrer mes qualités à ce moment-là. C’est là que tout se décante. C’était vraiment une opportunité pour moi de jouer, pour peut-être la dernière fois de ma vie, contre un club professionnel. Je le prends vraiment du bon côté, et je veux vraiment prendre du plaisir dans ce match-là. C’est un des matches où j’ai pris le plus de plaisir depuis que je joue au foot. J’ai été performant, j’ai pris du plaisir. Malgré tout, on se fait éliminer, mais je sors du match satisfait de mon équipe, de ma performance individuelle ».

Et l’histoire est dingue parce qu’il fallut attendre plusieurs semaines avant d’avoir un vrai contact avec Sochaux.

« L’analyste vidéo de Sochaux était venu me voir après le match en me disant que je n’avais rien à faire à ce niveau-là, et que je méritais plus que ça. Il ne se passe rien derrière, jusqu’au jour où, début décembre, en allant à l’entrainement, j’ai l’appel d’un agent. Il me dit qu’il y a un club pro qui est vraiment intéressé pour me faire signer, que ça va se faire au mercato hivernal. J’avais entendu ça tellement de fois que je n’y croyais plus… Je raccroche mon téléphone, je vais à l’entrainement en me disant que oui, finalement, c’est encore des paroles en l’air et que ça ne se fera jamais. Sauf qu’en sortant de l’entrainement, je me rends compte que cette personne-là m’avait rappelé deux fois. Je commençais quand même à réfléchir, et au moment où je prends mon téléphone, il me rappelle encore. Je décroche, et là c’était une discussion très constructive, où il m’expliquait que c’était vraiment sérieux et concret. Il me demandait avec qui je travaillais pour se mettre en relation avec mon agent de l’époque. En raccrochant, j’ai été curieux, donc je tape son nom sur Google car il ne voulait pas me donner le nom du club. En tapant son nom, je me rends compte que c’est un proche du Président de Sochaux à ce moment-là. Forcément, j’ai compris que le club était Sochaux… […] Fin décembre, mon agent me dit qu’il y a un autre club qui serait intéressés pour me faire signer. Les deux agents se sont mis en relation, et le club en question c’était Chambly, et finalement le mercato arrive… Là, je vois des gros noms signer… Le temps passe. C’était un mois de janvier difficile pour moi, je me demandais si j’allais signer ou non, mon avenir était en jeu. Finalement, je signe le 30 janvier en fin de mercato, et c’est vraiment un soulagement, un accomplissement énorme de signer son premier contrat professionnel dans des circonstances difficiles. J’ai été viré d’un centre de formation, je suis reparti en amateur, pour réussir à re-signer derrière… C’était vraiment compliqué, un parcours atypique… Toute ma jeunesse défile, tous les kilomètres que mes parents ont fait pour moi depuis tout petit, ma sœur qui me supportait et venait toujours à mes matches et mes entrainements. Beaucoup de sacrifices de ma famille pour moi. Le mérite leur revenait aussi à eux, et c’était aussi une fierté pour moi de leur annoncer que j’avais enfin réussi à signer professionnel ».

Retranscription Girondins4Ever