Alain Roche : “Claude Bez a peut-être fourni quelques chambres, a peut-être ouvert quelques canons à certains arbitres des pays de l’Est, mais c’était monnaie courante”

Dans Le Podcast des Légendes, l’ancien défenseur central des Girondins de Bordeaux, Alain Roche, a insisté sur le fait qu’il était difficile refusable de rejoindre Marseille, notamment vis à vis du salaire que lui proposait Bernard Tapie.

« Il a multiplié par 6 mon salaire. En salaire pro, à l’époque, je gagnais environ 10000 Francs. A 20 ans, c’était un peu d’argent. Ce n’était pas ridicule. Et quand Tapie te dit que tu vas en gagner 80000 plutôt, il y a un delta qui est important. Sachant en plus que Claude Bez ne voulait pas renouveler mon contrat… Tu penses à l’avenir, et voilà… Sportivement c’était vraiment intéressant. Je ne regrette vraiment pas d’être parti, je remercie même Monsieur Bez de m’avoir fait partir aussi, car ça a été une expérience incroyable. Ça m’a permis de sortir de mon cocon bordelais, et de grandir plus vite, exactement ».

Un départ pour des raisons financières. Avait-il vu à l’époque ce qu’on a reproché à Claude Bez, à savoir certaines manigances, ou les fameuses prostituées proposées aux arbitres ?

« D’abord, je n’ai jamais fait attention à ce genre de choses. Ça a été dit un peu plus tard, mais je vais quand même rappeler que Claude Bez a copié ce que faisaient tous les autres clubs européens de l’époque. Et Tapie l’a bien dit ouvertement, quand on perd en demi-finale contre Benfica, avec la main de Batta : ‘j’ai compris comment il fallait faire pour gagner une Coupe d’Europe’. Claude Bez a peut-être fourni quelques chambres, a peut-être ouvert quelques canons à certains arbitres des pays de l’Est qui vivaient dans des conditions précaires de l’époque, mais c’était monnaie courante en Italie, en Espagne et au Portugal. Ensuite, premièrement, ça ne nous a pas fait gagner de Coupe d’Europe. On s’est fait éliminer par Leipzig, et pourtant c’était un pays de l’Est, le mur de Berlin n’était toujours pas tombé… Je savais que Claude Bez jouait beaucoup au poker lors des déplacements, mais le reste, comme la question de savoir s’il s’occupait des arbitres ou pas, ça non… ».

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