René Girard : “On en rigole quand on les voit. Mais bon, il ne faut pas qu’ils déraillent quand même quand on discute…”

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Dans l’excellent Podcast des Légendes, l’ancien milieu de terrain des Girondins de Bordeaux, René Girard, est revenu sur le moment de la demi-finale des bordelais contre Leipzig, quand Zlatko Vujovic n’a pas souhaité tirer son tir au but.

« Il y en avait quatre ou cinq qui avaient refusé de tirer, oui… A chaque fois que je peux en retrouver un, je lui rappelle. Même si des fois, visiblement, il ne s’en rappelle pas, eh bien je lui rappelle… Vous savez comment ça marche, les cinq premiers tirent, et si tu es toujours à égalité, tu finis à la queue leuleu. A un moment donné, je me retourne, plus personne… Thouvenel qui frappait après les entrainements pendant des heures et des heures, à faire le con, machin, plus personne… Fargeonette aussi… Les deux frères Vujo… D’habitude c’était l’attaquant, Zlatko, qui les frappait, mais bon, il a eu une petite montée de fièvre et il n’a pas frappé. C’était une demi-finale quand même, qui nous amenait la qualif’. C’est Zoran qui le frappe. Il était tellement tétanisé que le ballon n’est pas arrivé au but je crois. Il a frappé dans le ballon, le ballon a roulé, roulé, à la ligne… Ce n’est pas une blague (rires). Bon, il aurait peut-être passé la ligne, mais il était tellement tétanisé (rires). Après, on ne lui en veut pas, parce qu’au moins, lui, il l’a frappé… Mais bon, il y en a qu’on n’a pas revus, qui sont rentrés… Quand on est rentrés dans le vestiaire, ils ont entendu deux mots… ».

Car si Aimé Jacquet a été plus pédagogue, ce fut moins le cas pour Claude Bez, prenant à parti justement Zlatko Vujovic.

« Aimé, je n’en ai pas trop souvenir. Le Président, c’était coutume de ce genre d’intervention. Le jour où on en a pris 9 à Monaco, on était tous déçus, et il nous a dit qu’il valait mieux en prendre une fois 9 que de prendre 9 fois 1-0… Il fallait le sortir dans des moments comme ça, parce que tu es la tête dans le cul… Comme quand il a fait jouer Gigi dans les buts à Nantes… Ce sont des événements que tu ne maitrises pas. Mais Aimé était plus pédagogue, oui. D’abord, c’était ses joueurs, il ne pouvait pas non plus… Il te disait ce qu’il avait à te dire, mais d’une certaine façon. Et l’autre (Claude Bez, ndlr), il ne mettait pas les gants… Ce sont des mecs qui ont un franc parler ».

Mais aujourd’hui, est-ce qu’il en veut encore aux joueurs qui se sont cachés lors de cette séance ?

« Non, je ne leur en veux pas, c’est rigolo… On en rigole quand on les voit. Mais bon, il ne faut pas qu’ils déraillent quand même quand on discute (rires) ».

Retranscription Girondins4Ever