Alain Roche : “Il avait peur de René Girard. Luis parlait beaucoup mais quand il fallait aller au combat, il y allait hein, mais pas avec autant de détermination que d’autres (rires)”

Dans Le Podcast des Légendes, l’ancien défenseur central des Girondins de Bordeaux, Alain Roche, a répondu à la question de savoir si des joueurs adverses n’avaient pas été bienveillants avec lui lors de ses débuts en pro.

« Oui, mais c’est normal. Vous êtes le petit jeune qui arrive, l’équipe des Girondins de Bordeaux est l’équipe à battre en championnat. Il y avait une forte concurrence avec Paris. Quand vous alliez jouer à Lens, il y avait 35000 personnes aussi, et vous jouez dans un contexte qui n’est jamais facile quand vous débutez. Quand vous avez des joueurs expérimentés en face de vous, ils veulent vous titiller, vous perturber, vous faire sortir de vos gonds, vous faire sortir du match… Ce sont des petits mots, des petits coups, des gros coups aussi par moment (rires). A l’époque, ça parlait beaucoup, ça parlait énormément… ça parlait beaucoup à l’adversaire, il y avait beaucoup d’intimidation dans les couloirs… Mais c’était l’époque. Il y a quelques claques qui ont circulé, quelques grossières agressions sur le terrain, beaucoup de tacles par derrière où l’arbitre était très peu sévère, surtout quand vous jouiez à domicile où il y avait beaucoup de laxisme. C’était une époque qui n’était pas simple pour les joueurs offensifs. Il y avait les anciens qui essayaient de vous intimider mais René (Girard) ou bien d’autres, étaient toujours là… ».

Et le nom de Luis Fernandez arriva.

« Luis, c’était très perturbant sur un terrain. Il ne cessait de parler déjà à l’arbitre, il parlait toujours à tout le monde, à ses adversaires, et encore plus à des joueurs comme moi qui étaient beaucoup plus jeunes… Sauf à René Girard parce qu’il avait peur de René Girard. Luis parlait beaucoup mais quand il fallait aller au combat, il y allait hein, mais pas avec autant de détermination que d’autres (rires). Il fallait avoir du répondant, et ça s’est bien passé par la suite. Ça a été quand même mon entraineur, on a joué très souvent l’un contre l’autre. Luis était un garçon qui parlait énormément sur le terrain pour perturber les adversaires, vraiment. C’était dans sa nature. Il y avait des garçons qui avaient besoin de ça aussi, cela peut permettre de rester concentré dans un match. Je suis persuadé que Luis avait besoin de ça pour pouvoir faire des bons matches ».

Retranscription Girondins4Ever