Malcom Bokélé raconte comment il a “choqué” Patrick Battiston, et déclare son amour à Bordeaux

    Pour « Au cœur du jeu », l’ancien défenseur des Girondins de Bordeaux, Malcom Bokélé, s’est remémoré l’intérêt du Club au Scapulaire, alors qu’il n’avait plus de club pendant près de six mois, de suite de sa fin de contrat au FC Metz.

    « Quand je prends l’avion pour l’Angleterre, l’agent qui m’a amené à Sochaux pour un essai, me dit ‘Bordeaux, ils veulent te voir lundi’. On est le vendredi. J’étais dans l’avion pour aller en Angleterre… Bordeaux, je l’ai su après, il y a un défenseur qui y est allé, et il a signé pro un an (rires). Ça, je l’ai su après (rires). En Angleterre, ça ne se fait pas. L’agent me rappelle. Il me dit que Bordeaux veut me voir, donc il faut que j’y aille. Je vais à Bordeaux, et il y avait des gens que je connaissais. Je dors chez mon pote, je m’entraine, et quand je suis arrivé j’ai compris qu’ils avaient recruté un défenseur, ils n’avaient besoin que d’un défenseur à la base, mais les résultats ça n’allait toujours pas. Le coach voulait un autre défenseur. C’est la chance que j’ai eue, une dinguerie. Franchement, un club de fou Bordeaux, incroyable ce club. Je m’entraine une semaine, je suis monté avec les pros lors d’une opposition. Le coach, c’était Jean-Louis Gasset. Je suis à deux semaines (d’essai). On devait jouer un amical contre Montpellier. J’écris au coach la veille, et je demande à lui parler, comme cela faisait deux semaines que j’étais là. On avait rendez-vous à 7h. Je lui demande de me dire s’ils ne me prennent pas, que je puisse me retourner. Pour lui, tout était carré, mais il fallait que j’aille voir le directeur du centre pour lui demander. On devait jouer à Montpellier mais comme il y avait trois cas de Covid, on fait demi-tour… Je toque dans le bureau du directeur du centre – un truc vraiment que je n’aime pas faire, mais là je n’avais pas le choix – et je demande ce que ça allait être la suite. Patrick Battiston me dit qu’ils me veulent, mais qu’ils n’ont pas d’argent, qu’ils ne peuvent pas me proposer de contrat. ‘On a eu ton agent qui a eu le directeur sportif, qui a dit que si on ne proposait pas de contrat, que tu allais signer à Jura Sud en N2’. Mais en plus, l’agent disait ça en mode énervé, en raccrochant au nez au directeur sportif (rires). Wah… Au directeur du centre, je lui ai dit ‘je vais venir à Bordeaux, et si vous voulez parlez, parlez avec moi et avec ma mère’. Ils ne pouvaient me proposer qu’une licence. Je lui ai dit que ce n’était pas grave, que j’avais mon chômage… Il était choqué devant moi. Dans ce cas, il me dit que l’effort qu’ils peuvent faire, c’est que je touche les primes de match de réserve. Je signe la licence, je fais les papiers dans la semaine, et le jeudi, arrêt du championnat avec le Covid encore, donc pas de primes… Je m’entraine avec la réserve, ça se passe super bien, je kiffe. Humainement… C’est un club que je ne connaissais pas, une ville que je ne connaissais pas plus que ça, je connaissais l’époque des Chamakh tout ça… Tu as des clubs de cœur, eh bien ça, c’est un club qui est rentré dans mon cœur. Aujourd’hui, je peux dire que Bordeaux c’est un de mes clubs de cœur. Les personnes que j’ai rencontrées là-bas, joueurs, entraineurs… Je ne peux même pas te sortir une mauvaise personne. Franchement, c’est incroyable. Que des personnes incroyables ».

    Retranscription Girondins4Ever