Alain Lepeu, premier entraineur de Zidane : “Si j’avais envoyé Yazid à l’OM en 86, jamais il n’aurait percé”
Pour Maritima, le premier entraineur de Zinedine Zidane, Alain Lepeu, est revenu sur les débuts de l’ancien meneur de jeu des Girondins de Bordeaux, qu’il connut dans la banlieue de Marseille.
« En 1986, Yazid avait 14 ans. 86-87, c’est l’année où je l’ai eu. C’est un souvenir inoubliable parce que j’avais une très belle équipe, et j’avais la chance d’avoir deux joueurs prometteurs : Yazid, et Louis Gomis, qui a également joué en pro après, à Toulouse, Bordeaux et Nice. Ce qui m’a sauté aux yeux en voyant Yazid ? Quand il était avec moi en cadets, à 14 ans, il y a une chose qui frappait tout de suite, c’était la technique. Il jouait tête haut, et c’était un garçon dribbleur, pied droit, pied gauche… C’est rare d’avoir deux pieds pratiquement égaux. Il m’a marqué en tant que joueur et en tant que garçon : adorable, discret, timide, réservé, parlant peu. Il parlait avec les pieds. Il était très poli ».
C’est lui qui décida de plutôt l’envoyer en formation à l’AS Cannes, plutôt qu’à l’OM.
« Marseille, en 89, c’est les débuts de Monsieur Bernard Tapie. Je savais très bien qu’il venait uniquement à l’OM pour gagner la Ligue des Champions. Pour ça, il voulait prendre tous les meilleurs joueurs, 6-7 joueurs, pour arriver à 93 où il gagne la Ligue des Champions. Si j’avais envoyé Yazid à l’OM en 86, jamais il n’aurait percé. Marseille n’a jamais été un club formateur, même aujourd’hui 40 ans plus tard. En 86, il y avait 4 grands clubs formateurs, pour leur inculquer les vraies valeurs de footballeur, la valeur technique, la valeur des coéquipiers, de collectif… C’était Nantes, Sochaux, Auxerre et Cannes. Quand Cannes a été intéressé, je leur ai dit de le prendre vite, parce que je ne voulais pas qu’il aille à l’OM ».
Aujourd’hui, ZZ, Yazid, est sélectionneur de l’Equipe de France.
« Il a montré ses qualités d’entraineurs au Real Madrid. Il a gagné deux Ligas, et surtout trois Ligues des Champions, consécutivement. Il a montré ses qualités. Il a fait un break et attendait l’Equipe de France. De voir Yazid là, c’est de la joie, du bonheur, de la fierté. Je l’ai revu il y a un mois et demi. »
