Marius Trésor : “C’est la plus grosse désillusion que j’ai eue sur le plan footballistique”
Pour France Culture, l’ancien défenseur des Girondins de Bordeaux, Marius Trésor, est revenu sur l’un des faits marquants de sa carrière et également de l’Equipe de France, à savoir ce choc entre Patrick Battiston et Harald Schumacher.
« . L’arbitre, Monsieur (Charles) Corver, un nom que je n’oublierai jamais, a fait un arbitrage extraordinaire, sans parti pris en première mi-temps. On termine à la mi-temps à 1-1. En seconde mi-temps, à un certain moment, les allemands étaient vraiment à la rue. On termine quand même le match 1-1. Et il y a cette agression de Schumacher sur Patrick Battiston. On se demande encore jusqu’à présent pourquoi l’arbitre n’a pas sifflé pénalty ou le coup franc, où je ne sais pas quoi… En plus, ce qui me met hors de moi, c’est que Patrick est allongé par terre, il y a les médecins, il y a les coéquipiers qui sont autour de lui. On voit que c’est très grave et à un certain moment je tourne la tête, et je vois l’arbitre avec Schumacher un ballon à la main, ils rigolent… Patrick a failli perdre la vie sur un attentat comme ça, tu te dis que ce n’est pas possible… ».
Il poursuit, sur le dénouement de la rencontre.
« On reprend le match, 2-1, 3-1… On sent que les allemands ne sont pas bien, mais on sait aussi qu’ils ne lâchent jamais rien jusqu’à ce que l’arbitre siffle la fin du match. Juste avant la mi-temps de la prolongation, il y a une première faute sur Alain Giresse, puis une seconde faute sur Michel Platini que l’arbitre ne siffle pas, et au bout de l’action tu prends le deuxième but… On sait que la mi-temps de la prolongation, c’est très court. On a perdu pied parce qu’on doit être beaucoup plus vigilent et sérieux. Quand on mène 3-1, même notre banc nous poussait à continuer à attaquer, alors que tu as une finale trois jours après, et tu dois calmer le jeu. Mais on était tellement euphoriques, car tout avait l’air de bien se passer. On s’était dit que rien ne pouvait nous arriver mais malheureusement, c’était mal connaitre les allemands […] Si cela a contribué à forger la suite ? Deux ans après, l’Equipe de France est Championne d’Europe… ».
Retranscription Girondins4Ever
