Raymond Domenech : “Je vois le quatrième arbitre qui appelle l’arbitre central. Je suis à vingt mètres de lui, je l’ai traité de tous les noms…”
Pour l’INA, et 20 ans plus tard, Raymond Domenech s’est remémoré la finale de la Coupe du Monde 2006, avec pour commencer la Panenka de Zinedine Zidane.
« Ma réflexion c’est, quand il marque, ‘c’est trop tôt, et pas comme ça’. Parce j’ai été joueur, et une Panenka, je sais ce que c’est, c’est une humiliation de l’adversaire. L’adversaire le ressent comme ça, comme une humiliation. Et ça décuple l’énergie de l’adversaire, il a envie de montrer, de rentrer dedans : ‘tu t’es foutu de ma gueule, attends, je vais te faire voir’ ».
Et arrive cette 107ème minute, avec le fameux coup de boule de l’ancien joueur des Girondins de Bordeaux…
« Ce n’est même pas un geste de footballeur, un tacle… C’est vraiment inimaginable. C’est un scénario invraisemblable […] A la fin du match, tout le monde est effondré, c’est un rêve qui s’achève. Je suis au milieu du terrain, les papillotes tombent de tous les côtés. Je ne me souviens même pas qu’ils nous aient remis les médailles… Je me disais ‘dans quatre ans, ce sera nous […] Pour en revenir à la 107ème minute, je vois le quatrième arbitre qui appelle l’arbitre central. Je suis à vingt mètres de lui, je l’ai traité de tous les noms… Rien que pour ça, j’aurais dû être suspendu dix ans. Si on avait cumulé le nombre d’insultes que je lui ai adressé à ce moment-là… Et il ne m’a même pas regardé. Et j’en veux à celui qui a mis le ballon dehors pour arrêter le jeu parce qu’il y avait un joueur italien par terre, et c’est un français (Sylvain Wiltord, ndlr)… J’avais envie de le pendre. Il faut continuer à jouer, l’autre se serait relevé… Ça, ça m’a mis en colère […] Mais s’il n’y a pas l’arbitrage VAR, il ne se passe rien… Le geste mérite l’expulsion, c’est sûr, mais c’est la première expérience de VAR… ».
