[J2] L’analyse complète de Marseille-Bordeaux (Tops, Flops, notes, feuille de match, résumé vidéo)

(Photo by Johnny Fidelin/Icon Sport)

1 – Capitaliser sur le 2ème mi-temps

En jouant plus haut et avec deux pistons capables de répéter les efforts offensifs et défensifs, nous avons vu pendant 45 minutes que la palette de couleurs et de combinaisons pouvait être beaucoup plus large que celle proposée depuis de nombreux mois (années ?). L’importance des latéraux, comme dans les grandes années bordelaises avec Benoit Trémoulinas, Bixente Lizarazu, Mariano, David Jemmali ou pour les plus anciens Jean-Christophe Thouvenel.

Comme pour les gardiens, notre histoire est marquée par des grands noms à ces postes avec toujours cette recherche de latéraux modernes et offensifs.

On a l’impression que depuis plusieurs années, ces postes ne sont plus une priorité de recrutement, à tort surement puisque cela représente un ADN très important du club en plus d’un besoin vital pour exister au niveau français puis européen.

Des côtés dynamiques obligent les équipes adverses à élargir leur bloc, laissant plus d’espaces dans le cœur du jeu. Des côtés dynamiques donneront la possibilité de dédoublements plus fréquents avec les excentrés. On peut d’ailleurs regretter la sortie prématurée de Samuel Kalu (suite à son malaise) car dans une position libre autour de l’attaquant, le nigérien semblait capable de gêner l’arrière garde par son mouvement, ses percussions, et il aurait pu bénéficier également de l’apport de Timothée Pembélé et Gidéon Mensah.

2 – Ne pas s’enflammer

On a aimé la réaction de la seconde mi-temps et si Bordeaux est revenu, pour la première fois depuis 2017, de 2-0 à 2-2, on peut imaginer que la mentalité est peut-être en train d’évoluer à la plaine du Haillan.

Mais, il faudra attendre, plusieurs matchs, plusieurs semaines, pour s’en assurer.

L’année dernière, des matchs aboutis au Parc des Princes (3-3), à Rennes (0-1) ou même lors de la défaite à Lyon (2-1), n’avaient pas donné de stabilité, ni de continuité. Au contraire, le club avait fini par sombrer. L’air frais, le souffle nouveau initié par Gérard Lopez et son staff, l’arrivée de jeunes joueurs prometteurs (en attendant la suite dans ces 15 prochains jours), la joie positive et l’envie de jouer sans peur de Vladimir Petkovic sont des signaux encourageants. Malgré tout, ce groupe est malade depuis plusieurs années et il faudra voir comment il réagit face à l’adversité quand les résultats ne refléteront pas la production sur le terrain, quand le jeu se délitera quelque peu.

Garder la tête froide, continuer à jouer en avançant quelque soit l’adversaire, quel que soit le contexte, retrouver du plaisir à jouer tout simplement et grâce à tous ces éléments, retrouver une identité de jeu durable.

3 – Un 3-5-2 qui a du sens

Avec l’apport de vrais pistons, ce schéma a enfin un sens. Car il faut avoir du coffre pour faire l’essuie glace pendant 90 minutes avec une exigence de replacements et un apport constant et dès que possible sur les phases offensives. Avec Rémi Oudin, Samuel Kalu, Youssouf Sabaly ou Enock Kwateng à ces postes, il manquait toujours des caractéristiques indispensables pour bien appréhender le rôle de piston. Des difficultés à défendre, des difficultés à proposer offensivement, des problèmes de placements (que l’on a d’ailleurs pu voir avec Enock Kwateng (5) en 1ère mi-temps et que nous avons vu souvent avec Youssouf Sabaly l’année dernière)…

Ce système a un sens si autour de Laurent Koscielny (6), les deux centraux “excentrés” ont une capacité à intervenir rapidement pour boucher les trous laissés par les latéraux. La lenteur d’Edson Mexer comme celle de Loris Benito dans une défense à trois représente une incompatibilité avec ce schéma. La vitesse et l’énergie de Ricardo Mangas et celle d’Enock Kwateng ont permis de rendre possible les montées de nos latéraux.

Comme indiqué dans les tops (ci-dessous), la présence de deux vrais récupérateurs a également facilité la stabilité de l’ensemble.

4 – Les manques

Dans cette structure en 3-5-2 (en 5-3-2 en phase défensive) pouvant évoluer en 3-4-1-2 ou 3-4-3, il manque au milieu un joueur d’expérience dans un rôle de box-to-box entre le 6 et le 8 (Fransérgio ?) et un meneur de jeu qui aurait pu être Yacine Adli (mais ce dernier semble sur le départ).

Devant, Bordeaux pourra jouer avec 3 joueurs (deux excentrés) ou avec un joueur tournant autour de l’avant-centre. Dans ce rôle, Samuel Kalu ou Hwang Ui-Jo, des dévoreurs d’espaces peuvent être intéressants. Bien entendu, l’un et peut-être les deux sont susceptibles de quitter le club avant la fin du mercato. La venue prochaine de Vitinho et/ou Alberth Elis devrait permettre plus de possibilités, de changements de dispositif au cours des rencontres et en fonction de l’adversaire.

La question du 9 est au centre de toutes les discussions. Mohamed Bayo s’éloigne et il reste 15 jours pour ne pas se tromper surtout si Bordeaux vend Hwang Ui-Jo. Le sud-coréen reste sur une saison aboutie malgré la crise (12 buts en 36 matchs).

Dans une équipe plus offensive, Josh Maja peut-il revenir sur le devant de la scène ?

Les Tops

Enfin des latéraux !

Timothée Pembélé (8). Il a changé le visage de notre équipe avec son insouciance, son envie d’aller de l’avant, son aisance technique. Il a seulement 19 ans et pourtant il n’a jamais semblé être rattrapé par la pression, l’enjeu. Des qualités offensives avec la cerise sur le gâteau et son premier but pour son nouveau club mais également une grande sureté défensive car il ne faut pas oublier qu’il avait un sacré client en face avec Konrad De La Fuente.

Gideon Mensah (7). Encore un choix de la nouvelle direction et quel plaisir de revoir à Bordeaux un vrai spécialiste du poste. Une première réussie pour le ghanéen que ce soit dans sa percussion et son assurance. Il doit encore travailler ses centres et plus généralement la qualité de ses dernières passes même si sa dernière transversale sur Timothée Pembélé aurait pu faire mouche !

On peut également ajouter la troisième recrue, Ricardo Mangas (6), travailleur infatigable au sein de la défense girondine et qui est monté en puissance en seconde mi-temps. Un peu court tout de même sur le second but de Dimitri Payet.

Otávio (8). Il nous a tellement manqué en fin de saison dernière. La plaque tournante de l’équipe, l’inépuisable ratisseur de ballons. Il a su mettre de l’ordre dans la maison girondine et il est à la hauteur de ce que représente notre institution. Il va devenir urgent de le prolonger. A noter également le travail remarquable du jeune Issouf Sissokho (7) au côté du brésilien. Otávio était souvent seul depuis plusieurs saisons dans le rôle ingrat du travailleur de l’ombre. Avec la nouvelle recrue du centre de formation il pourrait permettre au bloc de jouer plus haut et ainsi suivre les préceptes de jeu de Vladimir Petkovic.

Les Flops

Edson Mexer (4). Son expérience ne suffit plus dans ces matchs où le dépassement de soi semble être le seul moyen pour que Bordeaux retrouve son prestige d’antan. A sa décharge, il a été complétement abandonné, en première mi-temps, par son arrière droit Enock Kwateng (5) qui a été bien plus à son avantage, en seconde mi-temps, dans une défense à trois à la place… d’Edson Mexer.

Les notes

Costil : 5
Kwateng : 5
Pembélé : 8
Koscielny : 6
Mexer : 4
Mensah : 7
Mangas : 5
Otavio : 8
Sissokho : 7
Basic : 5
Hwang : 5
Oudin : 6

La feuille de match

MARSEILLE 2-2 BORDEAUX (mi-temps: 2-0) –
Ligue 1 / 2e journée
Stade : Orange Vélodrome
Arbitre : R. Buquet
Buts : C. Ünder (34e) D. Payet (41e) pour MARSEILLE – T. Pembele (51e) R. Oudin (57e) pour BORDEAUX
Avertissements : L. Balerdi (73e), L. Balerdi (88e), W. Saliba (90+2e), pour MARSEILLE – E. Kwateng (30e), Otavio (84e), pour BORDEAUX
MARSEILLE : S. Mandanda – L. Balerdi – W. Saliba, Luan Peres – B. Kamara, P. Gueye – C. Ünder (N. Radonjic, 73e), M. Guendouzi (D. Benedetto, 65e), Gerson (V. Rongier, 72e), K. De La Fuente (Álvaro González, 90e) – D. Payet
BORDEAUX : B. Costil – Mexer (T. Pembele, 46e), L. Koscielny, Ricardo Mangas – E. Kwateng, G. Mensah – I. Sissokho (Rubén Pardo, 85e), Otavio, T. Basic (Y. Adli, 68e) – Hwang Ui-jo (S. Mara, 85e), S. Kalu (R. Oudin, 14e)

Le résumé vidéo