Gianluigi Buffon : “L’arbitre de touche ne l’a pas vu. Le seul qui en a été témoin c’était moi. Donc je me suis précipité vers l’arbitre et son assistant pour attirer leur attention”
Tout le monde se souvient de cette scène, de cette image qui restera gravée dans les mémoires, de cette expulsion de Zinedine Zidane lors de la finale de la Coupe du Monde 2006 face à l’Italie. Une altercation avec Marco Materazzi, ce coup de boule dans le thorax du joueur par le meneur de l’Equipe de France, et cette sortie du terrain en passant tête basse à côté du trophée…
C’était il y a 20 ans et pourtant cette blessure est encore présente. La France entière en a voulu au défenseur italien, réputé pour sa “grande gueule” mais aussi ses coups de sang. Les paroles qu’il avait eu à l’encontre de Zizou, l’ont fait sortir de son calme et il a commis ce geste. Lors d’un entretien dans le Guardian, et repris par RMC Sport, Gianluigi Buffon, gardien de la Squadra Azura à ce moment-là, est revenu sur cette scène. Il s’en veut puisqu’il a été impliqué lui aussi.
“J’étais à environ 15 mètres et j’ai entendu le bruit sourd (du geste). S’il avait fait ça contre n’importe qui d’autre, cette personne aurait été K.-O. L’arbitre de touche ne l’a pas vu. Le seul qui en a été témoin c’était moi. Donc je me suis précipité vers l’arbitre et son assistant pour attirer leur attention. Materazzi était au sol. Zidane était immobile, moi je protestais et le match a été interrompu. J’étais bouleversé et tiraillé entre des sentiments contrastés. Je savais que c’était le dernier match de Zidane et qu’il était l’un des joueurs les plus grands et les plus élégants de l’histoire du football. Et j’étais désolé que ça se termine ainsi pour lui. Nous n’en avons jamais parlé. Évidemment, nous nous sommes revus de très nombreuses fois et je crois qu’on a une bonne relation basée sur la confiance mutuelle. Je n’ai jamais voulu aborder ce sujet par respect. C’est un champion qui a tout gagné, mais je crois qu’au fond de lui, ce sera toujours une situation douloureuse et c’est pour cela que je n’ai pas voulu le lui rappeler.”



