Guy Carlier : “Les américains n’ont pas intégré que les supporters et la passion font partie de l’actif d’un club. Ce ne sont pas des cochons payeurs, ils font partie du club”

(Photo by Manuel Blondeau/Icon Sport)

Guy Carlier s’est exprimé sur les problèmes que rencontrent les Girondins de Bordeaux, et notamment le conflit entre les supporters bordelais, les Ultramarines, et la direction du club. Un conflit idéologique où l’âme du club se perd au profit d’une stratégie mercantile.

“J’ai vu ça et j’ai entendu Pierre Ménès en parler, c’est incroyable. Mais je n’imagine pas que cela puisse perdurer dans un club de foot. Même Alain Afflelou, on pense ce qu’on en veut, mais au moins il incarnait la passion et le club. Mais là, c’est terrible, ça ne peut pas continuer comme ça. Je sais qu’il y a une guerre et que les supporters sont en colère contre ça. Je comprends leur colère. Les américains n’ont pas intégré que les supporters et la passion font partie de l’actif d’un club. Puisqu’ils veulent des éléments comptables, la passion et les supporters ce sont les actifs immatériels mais réels du club. C’est une réalité. Regardez Lens à Bollaert, quand vous arrivez là-bas, vous avez des frissons. Les joueurs se défoncent, ils sont au-delà de leurs qualités. Si vous achetez un joueur tant de millions, le public avec son enthousiasme et sa passion, font que sa valeur augmente. Dans le jeu, le public a une valeur plus importante que celle estimée parce qu’il permet au joueur d’évoluer dans un environnement qui le pousse à se surpasser. Pour les joueurs de Lens ou de Marseille, c’est une évidence. Donc tant qu’ils n’auront pas compris ça, qu’ils ne communiqueront pas avec les supporters. Ce ne sont pas des cochons payeurs, ils font partie du club. On voit bien la tristesse des matchs dans les stades vides avec la Covid. Dès que le public va être de nouveau autorisé à assister aux matchs et tout ça, je pense que la pression des supporters sera plus sensible, visible. Ca ne peut pas durer comme ça, ce n’est pas possible […] Je pense que si j’étais bordelais, si j’étais abonné, je serais très triste. Bien évidemment, avec ce contexte, tout est particulier et chamboulé. Il y a une fronde des supporters et je pense qu’ils doivent continuer à manifester leurs désaccords pour être entendus. C’est délicat parce que l’équipe va souffrir de cette guerre mais au bout du compte, je pense qu’il faut qu’ils aillent jusqu’au bout, c’est-à-dire, jusqu’à ce que les autres lâchent car ce ne sera plus gérable et vendent à des gens qui auront vraiment à des personnes qui ont un projet”.

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