Alain Couriol : “Voir Marius Trésor pleurer, tu ne t’imagines pas que cela puisse exister”
Pour Le Podcast des Légendes, Alain Couriol, ancien joueur offensif international français, est revenu sur la défaite de l’Equipe de France contre l’Allemagne 82, avec la déception de ses coéquipiers ce jour-là, dont d’anciens joueurs des Girondins de Bordeaux.
« On n’a même pas été dans vestiaire, on a été sur le terrain. J’essaie de consoler du mieux que je peux… Je fais des câlins à tout le monde. Je n’ai pas joué, donc je suis déçu, mais ça s’arrête là. Ça me fait chier… Mais c’est surtout de voir les anciens pleurer, et ça fait mal au cul. Oui, voir Marius Trésor pleurer, tu ne t’imagines pas que cela puisse exister. J’ai une vidéo en tête où je suis avec Gigi, j’ai un bob sur la tête, et tu les vois, ils sont tous la tête baissée, c’est horrible. Ce sont des mecs qui ont toujours la patate, qui sont toujours bien, qui ont fait tout ce qu’il fallait… Tu les vois à la fin comme ça, c’est dur, ce n’est pas évident ».
Puis, il poursuit.
« Quand tu vois Marius en temps normal, tu as l’impression de voir un gamin à qui on vient d’annoncer des bonnes nouvelles… Il a toujours la banane… Et j’ai une photo où je suis à côté de lui, où l’une de ses cuisses représente mes deux cuisses… Tu vois le monstre que c’était. J’étais avec eux ce soir-là, et mon rôle ce n’était pas de pleurer, parce que je n’avais pas joué. Je me mettais à leur place parce que c’était, pour certains, leur dernière grosse compétition. Ce match, on le perd, parce qu’on veut perdre… Car quand tu mènes 3-1 en prolongations… Mais comme on est resté focus sur l’épisode Battiston, ça a pris toute la place, et les mecs ont arrêté de jouer. Pourtant, ils mènent 3-1, et il reste dix minutes de jeu. Tu n’as pas le droit de te faire remonter. C’est là où il aurait fallu un mec comme René Girard… On n’a pas fait ce qu’il fallait dans le jeu ».


