Jean-Christophe Thouvenel : “Les arbitres étaient autistes et aveugles. Naples n’avait de noble que Diego Maradona. Autour, il y avait dix voyous”

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    Dans Le Podcast des Légendes, l’ancien latéral des Girondins de Bordeaux, Jean-Christophe Thouvenel, s’est souvenu de la double confrontation du FCGB contre Naples, en Coupe d’Europe, en 1988. Lors du match retour, il avait été expulsé au bout de trois minutes au match retour.

    « (rires). Tout simplement, à cette époque-là, les arbitres étaient autistes et aveugles, ils avaient les deux… ça a été deux matches d’une violence extrême, et Naples n’avait de noble que Diego Maradona. Autour, il y avait dix voyous. Et quand je dis des voyous, je pèse mes mots. Au match aller, ça a été une partie de manivelle invraisemblable, et l’arbitre, pareil, il tournait la tête… Bon, des fois, il a été obligé de sortir des cartons parce qu’il ne pouvait pas faire autrement, mais ça a été des tricheurs, des voleurs, tout… ça a été incroyable. Et au match retour, celui avec qui je me suis fritté, m’avait dit ‘je t’attends au match retour’. Je lui avais dit qu’il n’y avait pas de problème, que je serai là, qu’il pouvait compter sur moi. C’est des défis que j’aime bien relever. Au match retour donc, dans le couloir qui mène au stade, il y a eu une violence extrême, des coups de poings, et l’arbitre tournait la tête aussi, il faisait celui qui ne voyait pas… On rentre sur le terrain, et celui qui jouait contre moi, comme il savait que j’étais très offensif, il n’a fait que des tirages de maillot, des coups de coude… Ca a été une tuerie, mais pas dans le sens noble… Tirage de maillot, coup de poing derrière la tête, crachat au visage… A un moment donné, je récupère un ballon, j’enchaine en le donnant, je jette un coup d’œil à l’arbitre qui ne me regarde plus… Je passe à côté de l’adversaire, je lui mets un coup de coude dans la tête, et je tombe aussi… Il n’y avait pas la VAR, tout le monde est au sol, lui avait la tête explosée… Moi, j’étais éraflé sur le côté, griffé, il y avait du sang… L’arbitre vient, nous voit, et se demande ce qui s’est passé. Chacun se tient le visage. Il va voir le juge de touche de l’autre côté, et le juge de touche dit qu’il a vu ce qui s’était passé… L’arbitre vient vers moi et sort le rouge, j’ai joué 2-3 minutes… Quand je suis rentré au vestiaire, là j’ai compris quelle était la solitude du cowboy sur son cheval… Dans le vestiaire, le Président me dit ‘demain, 10 heures, au bureau’. Là, tu commences à te poser des questions »

    Et ce rendez-vous a déboucher sur une amende.

    « J’arrive le lendemain, le toque à la porte. Il était assis, pas un mot… Il me regarde avec sa moustache. Il me fait un signe de la main pour me dire le montant de l’amande. Il me fait ‘5’, je lui demande si c’est 5 Francs ?! 50 Francs ? Lui est toujours impassible… 500 Francs ? 5000 Francs ? 50000 Francs ? Pas un mot… Je suis ressorti, et quand j’ai reçu la feuille de paie de l’époque, j’ai vu… Il n’y avait pas besoin de discussion. Ce n’était pas important ce que tu avais à dire, parce que là, c’était grave ».

    Retranscription Girondins4Ever