Benoît Assou-Ekotto : “J’attends des pays africains, qu’ils soient beaucoup plus durs vis-à-vis de ça…”

    Pour Colinterview, l’ancien défenseur Benoît Assou-Ekotto, a donné son avis sur la double nationalité, et les binationaux dans le football. Lorsque l’exemple du revirement de situation de l’ancien milieu de terrain des Girondins de Bordeaux, Yacine Adli, lui est cité, il développa.

    « Il a dit qu’il préférait les Bleus au départ… J’attends des pays africains, qu’ils soient beaucoup plus durs vis-à-vis de ça… En étant ‘mous’, ça donne du temps aux joueurs. Parce que quoi qu’il arrive, le pays africain sera toujours là. Alors, se dire que je vais tenter ma chance avec les pays européens, et si ça ne marche pas, j’irai vers mon deuxième choix… j’aimerais bien que l’Afrique soit plus dur ce niveau-là. Si tu choisis d’y aller, ok. Mais tu ne vas pas me dire que tu ne sais pas quel pays tu aimes… Après, il y a une chose où il faut être très réaliste. ‘Businessment parlant’, c’est mieux de jouer pour un pays européen, pour les sponsors, ta paye, le choix des clubs qui te souhaitent… C’est mieux de jouer pour un pays européen. Si tu as Manchester ou le Real, il vaut mieux avoir trois internationaux français, peu importe la couleur, qu’un international sénégalais, un camerounais, et un algérien. D’ailleurs, tu n’as jamais vu ça au Real Madrid… C’est par rapport à la valeur du joueur, à la CAN… Je l’avais lu quand j’étais au centre de formation à Lens, et je n’avais pas compris la phrase, en me disant ‘Mais il se prend pour qui ?’. C’était Alexander Frei, qui avait dit que s’il était brésilien il serait au Real Madrid. Une fois que tu mets le nez dans les sélections, tu comprends mieux… Si un brésilien avait mis autant de buts que lui en France, il ne serait pas resté longtemps à Rennes. Ce n’est pas du racisme de couleur, je ne sais même pas si on peut appeler ça du racisme, mais dans un choix c’est mieux si tu es sud-américain ou européen, parce que tu as tout un business qui en découle aussi […] Je souhaiterais que les sélections africaines soient dures avec les joueurs qui ont un doute, parce que ce n’est que du business pour aller de l’autre côté. J’estime que si tu viens jouer pour ton pays, comme pour la France, c’est avec le cœur ».

    Puis, il se remémora le cas Willy Sagnol, qui avait eu des propos également mal interprétés.

    « Je l’ai recroisé avec Courbis et Duga, je lui ai serré la main, et il n’y avait pas de racisme. C’est comme ça, l’africain coûte moins cher. On va les chercher, on les forme, et le but c’est de les revendre. En France, on n’est pas en capacité d’acheter des joueurs à 50M€ contrairement à d’autres pays. L’africain coûte moins cher, c’est comme ça ».

    Retranscription Girondins4Ever