Malcom Bokélé : “C’est la première fois de ma vie, vraiment, où j’ai senti quelqu’un me faire confiance les yeux fermés”
Pour « Au cœur du jeu », l’ancien défenseur des Girondins de Bordeaux, Malcom Bokélé, s’est souvenu de ses premiers pas au FCGB. Cela a commencé avec la réserve, mais de par la politique du Club, il est vite monter s’entrainer avec les professionnels.
« Premier match avec la réserve, je joue. Après ça, apparemment, je ne peux plus jouer de matches amicaux, parce qu’avec une licence, je ne suis pas protégé par une assurance. Cela veut dire que j’ai signé une licence, et je ne peux pas jouer, donc comment on va m’observer… Un jour, le coach de la réserve vient me voir et me dit ‘tu t’entraines avec les pros’. Entre Metz et Bordeaux, c’est un autre palier encore… Laurent Koscielny, Hatem Ben Arfa, Jimmy Briand, Benoit Costil… Ah ouais. Là, c’est encore plus sérieux que ce que j’ai connu. Je fais un entrainement de fou, je mets beaucoup d’intensité. Les pros me mettent à l’aise direct. La première personne qui est venue me parler, c’était Hatem Ben Arfa. Comme il venait de Lyon, on a parlé de tout… Il m’a mis à l’aise direct. J’ai appris à connaitre les autres joueurs. Je rentre chez moi, je suis content, j’ai le sentiment d’avoir vraiment montré quelque chose. Quand tu arrives en pro, les joueurs disent ‘bravo Malcom’, et les coaches entendent ça… Je retourne m’entrainer avec la réserve, mais maintenant, Jean-Louis Gasset, au lieu de dire ‘envoie-moi un joueur de la réserve’, il dit ‘envoie-moi Malcom’ ».
Et c’est là qu’il eut un petit coup de pouce du destin.
« A Bordeaux, il y avait beaucoup de jeunes qui s’entrainaient et contrairement à Metz, je savais qu’il y avait cette opportunité. Je sentais qu’il y avait ce truc à faire. Petit à petit, je ne m’entrainais plus avec la réserve, j’arrivais pour être sur le terrain avec les pros… Je sens que je progresse, que je passe un cap, juste aux entrainements. A un moment je me blesse, je me fais un truc à la cheville, et j’avais une botte. J’en avais pour un mois. Je suis passé avec ma botte devant le terrain, et Jean-Louis Gasset et Ghislain Printant m’ont interpellé en me demandant quand je revenais, etc… Ils ne m’avaient pas oublié. Je fais ma rééducation, et dès que j’étais apte pour reprendre l’entrainement, on m’a renvoyé chez les pros. Je m’entrainais super bien, les anciens m’encourageaient de ouf… Et le coach, paix à son âme… A part Romain Lattron, c’est la première fois de ma vie, vraiment, où j’ai senti quelqu’un me faire confiance les yeux fermés. Ils ont eu une confiance en moi, et même moi je ne sais pas comment ils ont pu avoir confiance en moi. Je ne sais pas ce qu’ils ont vu en moi, c’est inexplicable ».
