Cédric Carrasso : “Pendant un an il m’a fait la misère. La misère ! Il m’a fait faire les pires trucs… Il m’a rendu malade ! Et à la fin, pendant six heures il m’a expliqué pourquoi il a été comme ça”

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Sur AS Foot, émission présentée et animée par Nando Chachalana, Cédric Carrasso a livré une anecdote lors de son passage à Marseille, et qu’il était le deuxième gardien derrière Fabien Barthez.

« J’ai eu la chance de connaitre Fabien Barthez, le plus grand qu’on ait connu en France. Il avait vécu l’émergence d’un jeune gardien, aimé par un club, alors que c’est un monument. Il a 36 balais, il va faire la Coupe du Monde, il revient, il s’entraine… Moi, j’étais au taquet, je sentais que j’avais tout Marseille derrière moi. J’étais jeune, fringuant : on bombarde, Barthez ou pas. A l’entrainement, le gars, pas un mot, il s’entraine. Un jour où il reprend, il me dit ‘bon, mon petit, maintenant tu vas aller t’asseoir sur le banc, et tu vas regarder les grands’. Pendant un an il m’a fait la misère. La misère ! Je finis l’année, le dernier match est à Bordeaux cette année-là. Toute l’année il est très gentil avec moi, et respectueux, mais dans le boulot il m’a fait la misère. Il m’a fait faire les pires trucs… Il m’a rendu malade ! J’étais le jeune fougueux qui n’arrivait pas à gérer ses émotions. Il m’a tué, le mec. Alors que physiquement et footballistiquement, j’étais vraiment très bien. Il ne m’a pas adressé un mot au niveau football de l’année. Pour le dernier match de la saison, je monte après le repas dans la chambre, et coup de téléphone. ‘C’est Fabien, est-ce que tu peux descendre ?’. Pendant six heures il m’a expliqué pourquoi il a été comme ça. Que s’il avait été comme ça c’est parce que je le poussais, que j’avais un haut potentiel. Ca a duré six heures, à m’expliquer pourquoi j’aurai une grande carrière. Ca restera inoubliable. Pendant un an il m’a poussé dans tous les retranchements possibles, juste parce que j’ai fait le nécessaire. C’était Fabien Barthez, il faisait encore une Coupe du Monde en 2006, il a tout gagné… C’est une légende de mon sport, de mon poste. Et il m’explique ça. Et quand il finit de parler, au bout de six heures, il me dit ‘l’année prochaine j’arrête, c’est à toi’. Le mec te passe le flambeau. Pendant six heures, je l’ai écouté, et toute ma vie je respecterai ce gars. Il aurait pu faire ce qu’il m’a fait, sans m’expliquer et me dire les choses à la fin. Il avait le droit. C’était un moment extraordinaire pour moi ».

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