Pierre Rondeau (économiste) : “Ils s’en foutent de la continuité sportive, ils veulent juste toucher leur pourcentage quitte à vendre leurs actifs”

Joseph DaGrosa Jr

 

Un économiste du sport Pierre Rondeau a tenté d’expliquer cette nouvelle politique de rachat par des investisseurs étrangers, via un club de Ligue 1 comme les Girondins par exemple. “Depuis quelques années, le football brasse énormément d’argent avec l’hyperinflation notamment des droits TV, et ça intéresse forcément. Le monde entier s’intéresse au football aujourd’hui. Il y a en plus une hypermédiatisation. Pour l’image d’une marque, c’est très porteur. Et la Ligue 1, c’est tout bon pour les investisseurs car elle est plus faible sportivement que d’autres championnats et donc moins chère. Tout en sachant que les droits TV vont peut-être atteindre le milliard en 2020 en France. Si vous achetez maintenant, vous avez le beurre et l’argent du beurre.

Après avoir planté le décor, l’expert a donné son avis sur le sujet, en se montrant assez sceptique à propos de ces rachats de club. “C’est inquiétant car ils n’ont qu’un seul but, c’est faire du business. Etre lucratif. Ils n’apportent souvent rien sur la durée à part peut-être, le Qatar au PSG. Et ma vision, c’est que le foot, c’est du long terme. On le voit d’ailleurs avec les résultats de Paris. Ils s’en foutent de la continuité sportive, ils veulent juste toucher leur pourcentage quitte à vendre leurs actifs […] Cela se passe bien parfois,  mais ils voudront aussi gagner beaucoup d’argent dans ce cas-là. Ils vendront alors leurs joueurs au lieu de peut-être développer le club, la saison suivante. Pour bien réussir son rachat, il ne pas reproduire les mêmes erreurs que les autres. Bordeaux ne doit pas faire comme Lille et Bielsa qui ont vendu tous leurs joueurs cet été pour en acheter d’autres bien trop chers. Si ça tourne mal sportivement, on voit ce que ça donne.. En fait, ces fonds d’investissement, c’est un vrai coup de poker. Soit vous perdez beaucoup, soit ça peut rapporter gros. C’est souvent une solution pour faire rebondir un club. C’est un peu le cas de Bordeaux”.

 

20 Minutes