Manu Lonjon donne les détails des négociations entre Paulo Sousa et Frédéric Longuépée, dont “une clause typiquement américaine”

Manu Lonjon a donné les détails des négociations entre Paulo Sousa et Frédéric Longuépée, pour que le premier au final quitte les Girondins de Bordeaux ce lundi.

« Au mois de juin, début juin, Paulo Sousa a été voir Frédéric Longuépée pour lui demander de le laisser libre. Libre, c’est vraiment l’info que j’ai, il n’a pas demandé un euro. A ce moment-là, le Président Longuépée a cru, parce que c’était une rumeur qui tournait, qu’il était en discussions avancée avec Benfica, et il s’est dit qu’il était en train de lui faire à l’envers. Donc il lui a dit ‘non seulement tu ne partiras pas libre, mais en plus on va demander une indemnité’. Or, Benfica était en train de faire Jorge Jesus. Quand ça se fait, Longuépée se retrouve avec Paulo Sousa. Fin juin, le coach annonce à quelques cadres qu’il souhaite quitter les Girondins. Début juillet, l’information fuite comme quoi il a demandé à quitter Bordeaux, et là les négociations commencent. Paulo Sousa dit à Longuépée : ‘vous n’avez pas voulu me laisser partir libre quand je voulais, vous avez pensé que je vous mentais, maintenant puisque vous voulez le prendre comme ça, le projet à Bordeaux n’est pas du tout celui qu’on m’a vendu…’. Ont alors commencé les négociations qui ont trainé très longtemps parce qu’il faut savoir que Longuépée et King Street mènent des négociations à l’américaine. C’est-à-dire qu’ils te payent, mais ils te payent pour ne pas que tu parles. Ils te disent ‘d’accord on te file de l’oseille, mais par contre pendant X temps tu as interdiction de communiquer ou de parler des Girondins de Bordeaux’. Sauf que cette offre-là, Paulo Sousa l’a refusée. En gros, au-delà de la négociation financière, il voulait pouvoir dire si quelque chose lui déplaisait, si c’était vrai, ou pas. C’est une clause typiquement américaine. En gros, c’est l’acheter pour ne pas qu’il parle. Les négociations ont été longues, et Paulo Sousa à un moment a dit ‘puisqu’on n’a pas d’accord, je suis l’entraineur de Bordeaux’. Une chose que je vais vous dire, même si je ne peux pas vous donner le détail. Mais sachez que quand Longuépée accepte de libérer Paulo Sousa, vous savez ce qu’il fait ? Il lui impose d’être l’entraineur jusqu’à une date définie, qui est après le début de saison. C’est à dire qu’il lui interdit de signer ailleurs avant le début de saison. En gros, c’est un peu de la manigance. Donc ça, c’est refusé, et après on rentre dans des discussions tendues, où il y a des avocats qui se mêlent à ça. Longuépée et Sousa pour info ne se disaient plus bonjour à la fin. C’était l’avocat qui discutait directement avec King Street, pour négocier sa rupture. Si ça a pris beaucoup de temps, c’est parce qu’en fait l’accord cadre du départ de Paulo Sousa a été trouvé autour de dimanche après-midi, mais le temps que les documents soient validés, envoyés chez les propriétaires américains, que ces derniers les retournent signés, qu’ils soient revalidés par les avocats des uns et des autres, ça a fait que ça n’a été signé que ce lundi après-midi. Au final, concrètement, il part avec un chèque. Il part aussi avec des clauses ».