Patrick Battiston : “J’ai fait aussi bien que je pouvais le faire, et j’espère que ça a pu contribuer à au moins façonner des joueurs et des personnalités, des individus”

Patrick Battiston, sur France Bleu Gironde, a été interrogé si un jour il aurait pensé devenir le directeur du centre de formation des Girondins de Bordeaux.

« Non, du tout. A l’époque, j’allais en classe et je m’entrainais deux fois par semaine, les horaires n’étaient pas aménagés. Je me faisais gronder quand je partais en sélection pendant une semaine, et j’avais le droit à une petite remarque qui m’avait marqué : ‘est-ce que tu crois qu’un jour tu joueras la Coupe du Monde en partant comme ça en voyage pendant des semaines ?’. Et j’y pense de temps en temps (rires). C’est le proviseur qui m’avait dit ça. Mais c’était logique… J’essayais de reprendre les cours, ce n’était vraiment pas facile. Il y avait maths, physique, où c’était plutôt difficile, délicat… Pour autant, j’ai essayé de faire les deux. Et un jour, il fallut faire un choix, j’ai choisi ce magnifique métier de footballeur professionnel. Lorsque j’ai arrêté, je n’envisageais pas du tout de faire ce que je fais aujourd’hui. Puis, petit à petit, en ayant des activités différentes, j’ai pu constater que c’était intéressant de faire passer un message, d’essayer de transmettre ce que j’avais cru comprendre, ce que j’avais appris. Et ça s’est fait comme ça naturellement. Un jour on m’a demandé si je voulais ce poste, j’ai dit que je ne savais pas, et on m’a répondu : ‘tu feras’. J’ai fait… J’ai fait aussi bien que je pouvais le faire, et j’espère que ça a pu contribuer à au moins façonner des joueurs et des personnalités, des individus. Pendant de nombreuses années, j’ai pu côtoyer ce joli monde la formation, et c’est bien agréable. C’est très motivant. Ca peut être un sacerdoce, parce que c’est un investissement total, c’est un métier où l’on donne beaucoup. Tous les éducateurs sont comme ça, ils donnent et n’attendent rien en retour. Mais on est là pour donner, essayer de transmettre.  C’est se dire, quand on a été professionnel, qu’on a fait un magnifique métier, qui nous a fait découvrir plein de choses sur le plan sportif, culturel, des émotions, des rencontres. Dans ce sens, c’est un métier magnifique. C’est essayer de transmettre tout ça au travers des entrainements, au travers de l’entrainement invisible : on peut avoir du talent, mais pour réussir c’est un peu de talent et beaucoup de travail, d’écoute. Aurélien Tchouaméni disait qu’il avait écouté ses dirigeants, ses éducateurs… C’est une belle remarque, elle est symbolique, parce que c’est le message qu’on essaye de transmettre aux jeunes joueurs, et ce n’est pas toujours facile ».

Retranscription Girondins4Ever