InterviewG4E. Christophe Hutteau fait le point sur Gaëtan Laborde, Théo Pellenard, Valentin Vada, Daouda Diallo et Tidiane Malbec

Troisième et dernière partie de notre long et intéressant entretien avec l’agent de joueurs et de joueuses, Christophe Hutteau. Cette fois-ci, nous allons nous pencher sur les anciens joueurs des Girondins de Bordeaux dont Christophe gère les intérêts : Gaëtan Laborde, Théo Pellenard, Valentin Vada, Daouda Diallo et Tidiane Malbec. Une nouvelle fois, un grand merci à Christophe pour le temps qu’il nous a consacré.

 

 

Comment Gaëtan Laborde a-t-il vécu la descente de son club de cœur en Ligue 2 ?

« Alors là, c’est bien que tu me poses la question, parce que c’est un garçon qui n’a jamais fait de grandes déclarations au sujet des Girondins de Bordeaux, mais qui est très fortement attaché au club. Il est très fortement attaché aux éducateurs qui l’ont fait grandir. C’est d’autant plus vrai que régulièrement il me demande d’offrir aux uns et aux autres des maillots. Il est resté en contact avec beaucoup de gens. La saison dernière, il était sur Bordeaux, nous sommes allés au Haillan dire bonjour. Bien sûr que la situation du club l’a touché parce que c’est son club, son club formateur, il ne faut pas l’oublier. S’il est parti, c’est parce qu’il y avait un manque de confiance flagrant. Il a su prouver à tout le monde que c’était une erreur. Et puis, c’est aussi un joueur qui aura aussi permis de faire rentrer quelques millions d’euros l’année dernière dans les caisses des Girondins. Et c’est bien ! Franchement, c’est bien. Il revient régulièrement dans la région parce qu’il a toute sa famille à Mont-de-Marsan, et il vient régulièrement passer des week-ends sur Bordeaux lorsque l’occasion se présente. Gaëtan n’a jamais rien eu contre les Girondins de Bordeaux, et il y a toujours des potes qui travaillent au club.

 

 

Théo Pellenard a retrouvé le terrain ces derniers jours, après une grave blessure la saison dernière. C’est parfois bizarre une carrière, on participe à une montée, on touche son rêve d’être titulaire en Ligue 1, et puis quelques semaines avant on se fait mal…

Oui, en disputant un match amical, et en jouant à une place où il n’était pas destiné à jouer depuis qu’il est arrivé à Auxerre. Il a fait toute la saison dernière, et quelle saison brillantissime, dans l’axe central, et Jean-Marc Furlan lui demande, sur un match amical, puisqu’il n’avait que des blessés, de jouer latéral gauche. Alors, on va me dire que c’est son poste de formation, oui, probablement, mais c’est aussi un défenseur central et je pense que l’avenir de Théo est à ce poste-là. Donc, oui, c’était injuste. Mais il est tellement fort aussi dans sa tête, tellement professionnel… En plus, il a déjà vécu cette blessure il y a quelques années donc il la maitrise bien. Il s’est fait d’ailleurs opérer à Bordeaux à la Clinique des Sports par Nicolas Bouguennec. L’opération s’est très bien déroulée. Il est venu il y a une dizaine de jours, a fait sa visite de contrôle, et il a eu le feu vert pour recourir. Ça va dans le bon sens. Je pense que courant février, il devrait être apte à retrouver les pelouses de Ligue 1.

 

 

Vous aviez présenté Valentin Vada, au moment où il vous a rejoint, comme quelqu’un susceptible de revenir en France l’été dernier. Quelle est sa situation ? Il a l’air de s’épanouir au Real Saragosse…

Il fait encore une saison incroyable. C’est un garçon qui est en fin de contrat au mois de juin, et bien évidemment si on a l’opportunité sur le mercato d’hiver de le faire revenir en France, on va tout faire pour. Il aimerait bien, oui.

 

Est-ce qu’il fait partie des joueurs que vous avez présentés à Admar Lopes l’été dernier ?

Oui.

 

 

Daouda Diallo a une très belle histoire aussi avec vous. Il est actuellement au Stade Bordelais, avec l’équipe B.

Oui… Il joue avec la réserve du Stade Bordelais. Il a fait son deuxième match titulaire ce week-end (le week-end dernier, ndlr). Il a joué une heure dix. Ça s’est très bien passé. Le week-end précédent, il a fait son premier match titulaire, et il a marqué. David retrouve petit à petit son intégrité physique. Il n’a pas perdu ses qualités de vitesse, de percussion. Maintenant, il faut être prudent, il faut aussi le freiner, parce qu’il aimerait que ça aille tellement vite… Mais il ne faut pas oublier qu’il a été trois ans sans jouer et que donc il faut du temps. Il faut qu’il aligne du temps de jeu et c’est comme ça qu’il arrivera, je l’espère, à mettre le coach de l’équipe Une du Stade Bordelais dans la merde, qu’il se dise ‘peut-être qu’il faut que je le prenne’ (rires). Il revient de tellement loin, qu’il faut être patient… Il ne faut pas griller les étapes. La difficulté que l’on a avec David c’est qu’il est très impatient et qu’il faut le freiner. Il faut lui faire comprendre que ces matches en R1, avec un coach, Bruno Da Rocha, qui le fait vraiment très bien travailler, et qui l’a pris en affection, qui le fait progresser… Il faut qu’il multiplie les matches avec la réserve du Stade Bordelais. Et on verra, il est difficile d’avoir des perspectives pour l’instant.

 

 

Tidiane Malbec a signé à Annecy cet été, après un passage à l’UNFP. Est-ce que c’est vous qui l’avez conseillé de passer par l’UNFP ?

Bien sûr. Le problème de Tidiane, c’est le problème de beaucoup de joueurs. Il a un gros potentiel, mais pas de temps de jeu. Donc à un moment donné, quand tu n’as pas de temps de jeu, surtout pour un gardien, il te faut essayer de l’avoir. Tidiane, en allant à l’UNFP, a pu faire des matches, a pu montrer le potentiel qui était le sien, et c’est tout naturellement qu’Annecy nous a sollicités pour qu’il devienne le troisième gardien du club. Aujourd’hui, il s’entraine bien évidemment tous les jours avec les pros, en sachant qu’il avait la possibilité de rejoindre l’équipe réserve d’un grand club français, très concurrent des Girondins de Bordeaux (rires), et il a privilégié Annecy. Si ça se passe bien cette saison, l’objectif du club est de faire de Tidiane, l’année prochaine, si tenté qu’Annecy se maintienne en Ligue 2, le numéro 2. Il faut travailler, il travaille, c’est un super bosseur. Maintenant, les joueurs te choisissent, mais j’ai aussi le luxe de choisir les joueurs avec qui je vais travailler. Il y a une règle pour moi. Si j’ai en face de moi quelqu’un qui est un branleur et qui ne veut pas travailler, on n’est pas fait pour travailler ensemble. C’est aussi simple que ça. Mon discours peut être assimilé à de la prétention, mais c’est comme ça. Je n’ai pas envie de me mettre un boucan au quotidien. Et Tidiane, c’est un super bosseur. Lui aussi fait partie des victimes un peu collatérales de tout ce qui s’est passé aux Girondins de Bordeaux ces dernières années ».

Retrouvez la première partie de l’entretien ICI

Retrouvez la seconde partie de l’entretien ICI